Pleins feux sur le Conseil d’administration: Prof Xiaolin Wei, Secrétaire général

Pleins feux sur le Conseil d’administration: Prof Xiaolin Wei, Secrétaire général

Dans le cadre de notre série « Pleins feux sur le Conseil d’administration », dans laquelle nous donnons la parole aux membres du Conseil d’administration de L’Union, nous avons interrogé le Secrétaire général, le professeur Xiaolin Wei.

Outre sa fonction au sein de L'Union, Xiaolin Wei est maître de conférences à la Dalla Lana School of Public Health (Faculté de santé publique) de l'université de Toronto, au Canada. Avant d'intégrer ce poste, il a enseigné à la School of Public Health and Primary Care (Faculté de santé publique et de soins primaires) de l'université chinoise de Hong Kong. Ses recherches portent sur les problèmes de prestation dans les établissements de soins primaires, notamment en ce qui concerne la tuberculose, la lutte antitabac, l'hypertension, le diabète et l'utilisation inappropriée des antibiotiques. De 2013 à 2015, il a présidé la Section Contrôle du tabac de L'Union. Xiaolin Wei est également maître de conférences honoraire à l'université de Leeds, au Royaume-Uni, où il a étudié la tuberculose pendant cinq ans dans le Nuffield Centre. Il est l'auteur de plus de 70 publications dans des revues à comité de lecture internationales et de quatre chapitres dans des manuels.

Que ce soit en tant que médecin et en sa qualité de chercheur, Xiaolin Wei s'est engagé activement à lutter contre l'effet dévastateur historique de la tuberculose, plus particulièrement au cours des 100 dernières années.

Lors d'une conférence organisée à Paris en 2005, il a une révélation en découvrant L'Union, qu'il décrit comme un organisme professionnel central des travaux de santé publique et des professionnels de la tuberculose et des maladies respiratoires.

Rapidement, il s'est impliqué dans ses actions. Aujourd'hui, 11 ans plus tard, il est Secrétaire général du Conseil d'administration. Dans ce rôle, il supervise l'application des décisions prises, il organise les réunions du Conseil, il en rédige les comptes rendus et en gère la correspondance.

Sa fonction le tient bien occupé en plus de ses autres engagements et de ses recherches. En outre, il est membre du comité de rédaction de l'International Journal of Tuberculosis and Lung Disease (IJTLD), la revue scientifique de L'Union la plus connue et la plus lue. Xiaolin Wei considère ce dernier rôle comme essentiel à l'instauration de la gouvernance de L'Union et à la sensibilisation à ses actions du plus grand nombre de personnes possible.

Il s'efforce en permanence de renforcer l'adhésion à L’Union tout en s'assurant que les nouveaux venus comme les membres existants puissent s'approprier facilement le travail réalisé par L’Union. Comme il l'explique, il souhaite que tous se sentent membres d'une grande famille internationale.

« En attirant davantage de membres, nous renforçons notre productivité et notre interactivité. Ainsi, nous sommes toujours en mesure de proposer des innovations en matière de développement scientifique dans les domaines de la lutte antitabac et de la lutte contre la tuberculose, la bronchopneumopathie chronique obstructive et les maladies respiratoires mais aussi d'élaborer des politiques, comme la récente adoption par l'OMS du traitement de la tuberculose multirésistante plus court le prouve », a déclaré Xiaolin Wei.

Dans cette optique, il milite en faveur des conférences régionales et s'efforce d'apporter son soutien dès qu'il le peut. Cette année, il a participé à la 3e Conférence de L’Union en Asie du Sud-Est, qui s'est tenue dans la ville historique de Katmandou, au Népal. Il n'a pas hésité une seule seconde à louer l'initiative d'organiser un tél événement dans cette région du monde tout en soulignant l'importance et l'impact des conférences régionales en règle générale.

« L'organisation de la conférence à Katmandou a demandé de nombreux efforts de la part de la Nepal Anti Tuberculosis Association (NATA), principale responsable de son éclatante réussite. Le tremblement de terre qui a touché le Népal en 2015 a eu des conséquences dévastatrices : de nombreuses personnes sont toujours déplacées et vivent sous des tentes, a témoigné Xiaolin Wei. La NATA dispose de ressources financières très limitées pour relever d'incroyables défis logistiques. L'an dernier, il a été suggéré de remplacer la conférence par une réunion régionale face à la situation du pays. Toutefois, la NATA a tenu à honorer son rôle d'organisateur malgré tout. Je félicite donc M. Devendra Bahadur Pradhan, le président de la NATA, et tous les membres des comités d'organisation d'avoir organisé cette conférence avec succès dans ces circonstances aussi difficiles. »

Des centaines de délégués y ont participé afin de partager les dernières recherches menées, de discuter des approches régionales visant à réduire la charge de la tuberculose et des maladies pulmonaires, de rencontrer d'autres professionnels dans ces secteurs, de formuler de nouvelles stratégies et d'encourager les progrès vers la réalisation d'un but commun de prévention dans la région.

Selon Xiaolin Wei, cette conférence s'est imposée comme une remarquable plateforme de communication entre les membres d'une vaste région et d'impulsion de nouvelles adhésions. Par ailleurs, le gouvernement népalais était représenté par une délégation composée du vice-président, du ministre de la Santé et d'autres représentants officiels. À cette occasion, il s'est engagé à faire du Népal une société sans tuberculose, ni tabac.

Fervent adepte des conférences régionales, Xiaolin Wei s'est donné pour mission de défendre la lutte antitabac dès qu'il le peut. Même si l'éradication de la tuberculose est l'un de ses souhaits les plus chers, il est tout autant désireux d'instaurer une société sans tabac.

Xiaolin Wei sait que cette vision est audacieuse. « Nous nous efforçons de créer une société sans tuberculose, ni tabac. Par le passé, nous n'avons pas osé adopter une attitude aussi intrépide. Cette stratégie de lutte contre la tuberculose a été révélée il y a deux ans seulement. Il s'agit d'une décision audacieuse et provocatrice, a admis Xiaolin Wei.

Pour atteindre cet objectif, nous devons mobiliser de nombreuses ressources et avons besoin de techniques et de technologies. Nous devons relever plusieurs défis liés aux traitements, aux vaccins et aux diagnostics. Or, le plus important de tous est la mise en pratique de la recherche. Nous devons poursuivre nos recherches et travailler en étroite collaboration avec nos patients, les professionnels de la santé et les décideurs afin d'exploiter les travaux réalisés et de modifier nos politiques. La recherche opérationnelle n'est pas acceptée en tant que norme dans les milieux académiques traditionnels. Il existe toujours un énorme fossé entre les universités et les villages les plus pauvres où vivent les patients atteints de la tuberculose. »

Malgré ces obstacles, Xiaolin Wei reste optimiste par rapport aux développements réalisés au cours des dernières années et l'impact du travail de L’Union, notamment en ce qui concerne la recherche opérationnelle menée par le professeur Anthony Harries. Comme exemple de la manière dont nous pouvons changer le monde et la vie des populations, il cite son tout premier engagement dans la recherche opérationnelle, il y a dix ans, avec pour objectif de décentraliser les unités de lutte contre la tuberculose en Chine.

« Nous avons visité plusieurs centres de lutte antituberculose en Chine, se souvient Xiaolin Wei. Ils étaient intégrés à des centres régionaux qui étaient situés dans les villes confrontées aux pires difficultés en matière de traitement de la tuberculose. Souvent, aucune route ne menait à ces centres de traitement régionaux. Nous avons donc décentralisé les services de soins de la tuberculose dans les hôpitaux municipaux, formé les médecins dans ce domaine, créé des fiches de notification de la tuberculose et mis en place des systèmes de laboratoires entre les régions et les villes afin d'assurer la qualité des dépistages réalisés à l'aide d'échantillons d'expectorations. Nous avons identifié les problèmes, puis les avons résolus. »

De toute évidence, Xiaolin Wei prend très au sérieux son rôle de Secrétaire général et la gouvernance de L’Union. Cependant, son travail s'étend au-delà de l'organisation des réunions, de la rédaction des comptes rendus et de la préparation des ordres du jour. Il consiste à inciter les membres de L’Union et les personnes désireuses de changer les choses à s'engager activement. « Tellement de personnes consacrent une grande partie de leur temps, y compris de leurs loisirs, à L’Union, s'est enthousiasmé Xiaolin Wei. Ce dévouement indéfectible m'a surpris au début. Aujourd'hui, je vois combien il peut s'avérer efficace. »

Tout en gardant cela à l'esprit, Xiaolin Wei est déterminé à continuer à militer en faveur du travail de L’Union pendant des années, que ce soit depuis Leeds, la Chine, Katmandou ou le Canada.