2017 en bref

En cette fin d’année, nous dressons le bilan des grandes actions menées par L’Union en 2017.

TB cultures in a lab
Cultures de Mycobacterium tuberculosis dans un laboratoire.

Après que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié sa liste d’« agents pathogènes prioritaires » résistants aux antibiotiques en en excluant Mycobacterium tuberculosis, L’Union a mené campagne jusqu’à obtenir son inclusion dans la liste. En septembre 2017, l’OMS a publié son rapport sur les agents pathogènes prioritaires, qui considère la tuberculose pharmacorésistante comme une maladie prioritaire en termes de recherche-développement (R&D) dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. 

« L’exclusion de la tuberculose envoie un message erroné et contre-productif selon lequel la tuberculose pharmacorésistante ne constitue pas une urgence sanitaire mondiale. »

- José Luis Castro, Directeur exécutif de L’Union

Tout au long de 2017, L’Union a fait campagne pour accroître les investissements dans la R&D sur la tuberculose. L’Union travaille actuellement avec plusieurs partenaires à la mise en place d’un nouveau mécanisme, le Prix pour la vie (anciennement connu sous le nom de projet 3P), destiné à encourager l’investissement dans la R&D sur la tuberculose, à faciliter la mise au point des traitements antituberculeux de demain et à s’assurer qu’ils soient disponibles pour tous. Le Prix pour la vie vise à réunir des chercheurs pour mettre au point un schéma thérapeutique d’un mois (voire moins) permettant de traiter tous les types de tuberculose, et qui soit disponible pour toutes les personnes qui en ont besoin à travers le monde.

D’après les résultats préliminaires de la première phase de l’essai STREAM, premier essai clinique à grande échelle mené dans plusieurs pays pour évaluer l’efficacité de traitements raccourcis contre la tuberculose multirésistante, le schéma thérapeutique de neuf mois donne des résultats favorables pour près de 80 % des personnes traitées. Si les résultats de l’essai n’ont pas permis de démontrer que le schéma thérapeutique de neuf mois est plus efficace que celui de 20 à 24 mois, l’essai clinique a montré que les patients ont été plus nombreux à terminer le traitement dans le cadre du schéma thérapeutique de 20 à 24 mois qu’ils ne l’auraient fait en temps normal. Dans un contexte de programme de routine où il est impossible de parvenir à un taux de rétention aussi élevé que pendant l’essai STREAM, le schéma de neuf mois pourrait alors s’avérer plus efficace.

STREAM a recruté son centième patient pour la deuxième phase de l’essai, laquelle est actuellement en cours en Afrique du Sud, en Éthiopie, en Géorgie, en Inde, en Mongolie, en Ouganda et en République de Moldova. La deuxième phase étudie la faisabilité d’un nouveau traitement de neuf mois contre la tuberculose multirésistante entièrement administré par voie orale, qui permettra d’éliminer les injections douloureuses à l’origine de certains des effets secondaires les plus graves associés au traitement. 

Prof Andrew Nunn, statistician at the MRC Clinical Trials Unit at University College London
Le professeur Andrew Nunn, statisticien à l’Unité des essais cliniques du Conseil de la recherche médicale à l’University College de Londres et co-chercheur principal pour STREAM, présente les résultats de l’essai lors de la 48ème Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire organisée en octobre à Guadalajara (Mexique).  

Phumeza Tisile, former XDR-TB patient

Phumeza Tisile, ancienne patiente atteinte de tuberculose ultrarésistante, milite pour l’amélioration du traitement ainsi que pour le renforcement des financements et de la recherche sur la tuberculose. « J’ai guéri de la tuberculose ultrarésistante. Mon traitement a duré plus de trois ans. Je devais prendre 20 comprimés par jour et recevoir des injections tous les jours pendant six mois. J’ai perdu l’audition et ai dû abandonner mes études. La tuberculose pharmacorésistante est difficile à traiter, mais on peut en guérir. » 

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, L’Union a sensibilisé à la nécessité d’accélérer les progrès dans la lutte contre la maladie. José Luis Castro a prononcé un discours à un sommet de parlementaires du G20 à Berlin (Allemagne), mais aussi à Séville (Espagne), pour réclamer l’accélération des efforts dans la lutte contre la tuberculose. Partout dans le monde, les bureaux de L’Union ont organisé et participé à des rassemblements, fait des déclarations à la presse et convoqué des réunions. Ils ont également plaidé, au nom des patients, pour des financements accrus, une plus grande volonté politique et la fin de la stigmatisation qui entoure la tuberculose. 

L’Union a continué à faire de la tuberculose infantile une priorité en prévision de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose prévue en 2018. Dès sa première année de mise en œuvre, le projet DETECT Child TB déployé en Ouganda a permis de faire passer de moins de 5 % à 40 % le diagnostic de la tuberculose infantile. Il a également continué d’étendre la fourniture des soins, tant sur le plan géographique qu’au niveau des communautés, afin d’améliorer la recherche, le traitement et la prévention des cas de tuberculose infantile. Le projet entend développer et tester un modèle applicable à différentes étapes des soins en vue de pallier les lacunes des systèmes de santé qui entravent la détection de la tuberculose chez les enfants.  

child in the waiting area of Kasangati Health Centre

Un enfant dans la salle d’attente du Centre de santé Kasangati, dans le district de Wakiso (Ouganda). 

Dr Bairaj works from a small clinic in the village of Datauli

Pour améliorer la prise en charge de la tuberculose, le projet Axshya a formé plus de 5 000 professionnels de santé en milieu rural au diagnostic et au traitement de la tuberculose. Le Dr Bairaj exerce dans une petite clinique située dans le village de Datauli. 

Le projet Axshya, vaste initiative de la société civile dirigée par L’Union, vise à renforcer les soins et la lutte contre la tuberculose par le biais du plaidoyer, de la communication et de la mobilisation sociale. Il a permis d’informer plus de 17 millions de personnes vulnérables et marginalisées sur les symptômes de la tuberculose. En partenariat avec sept partenaires sous-bénéficiaires, plus de 1 000 ONG locales et près de 15 000 volontaires, le projet Axshya a facilité le diagnostic et le traitement de plus de 25 000 patients tuberculeux.

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, L’Union a participé à une manifestation de haut niveau organisée conjointement avec l’initiative onusienne « Principes pour l’investissement responsable » et quatre grandes sociétés financières. À l’issue de la rencontre, les participants ont souligné dans une déclaration leur soutien aux efforts internationaux visant à réduire le tabagisme grâce à l’application de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. 

Le 1er janvier 2017, la loi sur l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics intérieurs est entrée en vigueur dans la quatrième ville la plus peuplée de Chine, Shenzhen. Plus de 20 millions de personnes sont désormais protégées contre les méfaits de la fumée secondaire. L’Union fournit au Centre de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles de Shenzhen une assistance technique financée par l’Initiative Bloomberg pour la réduction du tabagisme et a également aidé la municipalité et ses partenaires à mettre en œuvre cette nouvelle phase de la politique de lutte antitabac.  

A resident of Shenzhen adds his signature to an anti-smoking wall on World No Tobacco Day

Un habitant de Shenzhen (Chine) appose sa signature sur un panneau mis à disposition à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac. 

Amitabh Bachchan, TB survivor and ambassador, in an advertisement for the TB-Free India Summit

Amitabh Bachchan, ancien patient atteint de tuberculose et ambassadeur de la campagne « Pour une Inde sans tuberculose », pose pour une affiche annonçant le Sommet sur l’éradication de la tuberculose en Inde, organisé en avril 2017.

Le Sommet sur l’éradication de la tuberculose en Inde a rassemblé des hauts responsables gouvernementaux, des parlementaires ainsi que plusieurs célébrités indiennes pour sensibiliser à la tuberculose et accélérer la lutte contre la maladie. Axée sur la lutte contre la tuberculose en Inde, la rencontre a permis de renforcer le soutien et l’engagement des principales parties prenantes, notamment le gouvernement, les responsables politiques, le monde de l’entreprise et les bailleurs de fonds, afin de mettre en commun les ressources pour éradiquer la tuberculose dans le pays.

Par le biais de ses formations, le Centre de recherche opérationnelle de L’Union a continué de renforcer les capacités en matière de recherche opérationnelle sur la tuberculose, le VIH/sida et les maladies non transmissibles à travers le monde. Dix-huit mois après leur parution, deux tiers des travaux de recherche réalisés suite à ces formations avaient eu une incidence concrète sur les politiques et les pratiques de santé publique. 

Prof Anthony D Harries, Senior Advisor, Research, speaks with course participants

Le professeur Anthony D. Harries, Conseiller principal de L’Union pour la recherche, lors d’un cours.

Hein Htet San (left), 18, leader of the new Young People Living with HIV Volunteer Network

Hein Htet San (à gauche), 18 ans, leader du nouveau réseau de bénévoles de jeunes gens vivant avec le VIH. Avec une vingtaine d’autres bénévoles, il fournit un soutien aux jeunes gens vivant avec le VIH dans le cadre du Programme IHC déployé par L’Union au Myanmar. 

À l’occasion de la Journée mondiale du sida, L’Union a publié dans l’International Journal of Tuberculosis and Lung Disease (IJTLD) plusieurs articles qui traitent de la situation actuelle du diagnostic et des traitements contre la tuberculose et le VIH, ainsi que des mesures nécessaires pour les améliorer. Les articles peuvent être consultés (en anglais) en cliquant sur les liens ci-après : World AIDS Day 2017 et Test and treat for TB-HIV.

Le Bureau de L’Union Myanmar a fourni une thérapie antirétrovirale à plus de 28 000 personnes vivant avec le VIH grâce à son Programme de soins intégrés contre le VIH mis en œuvre en collaboration avec le Programme national de lutte contre le sida et le Programme national de lutte contre la tuberculose. Au Myanmar, le personnel et les bénévoles de L’Union ont également mené des activités de dépistage actif de la tuberculose, en organisant plus de 7 000 séances d’information sur la maladie et en orientant vers des centres de santé 10 000 personnes qui présentaient les symptômes de la tuberculose. 

En collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé, l’Organisation mondiale de la santé animale et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la Sous-section Tuberculose zoonotique a publié la toute première Feuille de route pour la tuberculose zoonotique, qui traite des principales conséquences sanitaires et économiques de la maladie.  

Dr Paula I Fujiwara holds up a copy of the Roadmap for Zoonotic Tuberculosis during a press conference at the Union World Conference in October

Le Dr Paula I. Fujiwara présente la Feuille de route pour la tuberculose zoonotique lors d’une conférence de presse organisée pendant la Conférence mondiale de L’Union en octobre. 

Two nurses at Saint Luke’s Hospital in Zimbabwe

Deux infirmières à l’hôpital Saint Luke au Zimbabwe. 

La Sous-section Infirmier(e)s et professions apparentées a publié une version actualisée de l’ouvrage Bonnes pratiques de soins pour les patients atteints de tuberculose : guide pour les pays à faibles revenus, et la Section Santé respiratoire de l’adulte et de l’enfant a réussi à faire inscrire un inhalateur de combinaison sur la liste des médicaments essentiels de l’OMS, ce qui permettra d’améliorer sensiblement le traitement des personnes asthmatiques dans les pays à faible et moyen revenu.  

Les conférences scientifiques organisées dans les régions Amérique du Nord, Afrique et Asie-Pacifique ont rassemblé plusieurs membres de L’Union, chercheurs, responsables politiques, spécialistes de la santé respiratoire et militants pour examiner les problématiques propres à chacune de ces régions ainsi que les mesures à prendre pour améliorer la santé respiratoire. Les conférences régionales de L’Union sont animées par les organisations membres de chaque région et constituent un élément essentiel pour promouvoir le travail réalisé par les membres. 

Delegates march in the ‘Every Breath Counts’ walk during the 20th Conference of The Union Africa Region in July

Des délégués participent à la marche « Chaque souffle compte », organisée en marge de la 20ème Conférence de la Région Afrique de L’Union en juillet. 

Chief Wilton Littlechild, Civil Society and Indigenous People Representative

Le chef Wilton Littlechild, représentant de la société civile et des peuples autochtones, lors d’une séance plénière intitulée « Cap sur la réunion de haut niveau des Nations Unies » pendant la 48ème Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire organisée à Guadalajara (Mexique). 

Placée sous le thème « Intensifier les efforts vers l’élimination », la Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire a été l’occasion de présenter certains des travaux scientifiques les plus novateurs de ces dernières années dans le domaine de la lutte contre la tuberculose et ses co-infections. Pendant quatre jours, les délégués de plus d’une centaine de pays ont assisté aux présentations effectuées par plusieurs spécialistes mondiaux dans le cadre du programme scientifique lors de séances plénières, de symposiums et de présentations de résumés. 

L’Uruguay a accueilli en octobre, à Montevideo, la Conférence mondiale de l’OMS sur les maladies non transmissibles. Le Directeur exécutif de L’Union, José Luis Castro, et le conseiller juridique de L’Union pour la lutte antitabac, Gustavo Sóñora, ont assisté à la conférence sur invitation personnelle du Président Vázquez. Ils ont rencontré en privé M. Vázquez avant l’ouverture de la conférence pour discuter de leur action dans la réduction des maladies non transmissibles à travers le monde et du bilan de l’Uruguay en matière de santé publique.

José Luis Castro with President Vázquez of Uruguay in Montevideo in October

José Luis Castro et le Président uruguayen Tabaré Vázquez à Montevideo, en octobre. 

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus prononce un discours devant les ministres de la santé lors de la Conférence ministérielle mondiale de l’OMS sur l’élimination de la tuberculose organisée en novembre à Moscou (Fédération de Russie). 

En novembre, les délégations de 118 pays, dont plus de 70 ministres de la santé et d’autres secteurs, ont participé à la Conférence ministérielle mondiale de l’OMS consacrée à la tuberculose autour du thème « Mettre fin à la tuberculose à l’ère du développement durable », réaffirmant leur engagement à mettre fin à l’épidémie à l’horizon 2030. Avant l’ouverture de la conférence, le Groupe mondial sur la tuberculose a présenté une étude indiquant que l’épidémie de tuberculose coûtera près de 1 000 milliards d’US$ à l’économie mondiale d’ici 2030 si rien n’est fait pour accélérer de façon significative la lutte contre la maladie. La dynamique enclenchée lors de la conférence permettra d’orienter l’action de L’Union, de ses partenaires et des acteurs mondiaux de la lutte contre la maladie en vue de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose prévue en 2018.

Crédits photos : Will Boase, Javier Galeano, Steve Forrest, Aditi Sharma, Centre de lutte contre les maladies non transmissibles de Shenzhen, Jan Schmidt-Whitley, Dasha Burns, David Andoh, Marcus Rose, Gustavo Sóñora, Organisation mondiale de la Santé