Une étude réalisée au Niger démontre l’efficacité, la sûreté et l’applicabilité du schéma thérapeutique plus court pour la TB pharmacorésistante

Une étude observationnelle retrospective portant sur la prise en charge de la tuberculose résistante à la rifampicine (TB-RR) au Niger de 2008 à 2016, suite au déploiement du schéma thérapeutique plus court à l’échelle nationale, fait état d’un taux de réussite sans rechute de 83 %. La résistance initiale aux médicaments secondaires, qui sont employés dans ce schéma thérapeutique pour éviter de développer une résistance au médicament principal – celui qui contribue le plus à la réussite du traitement et à l’absence de rechute – n’a pas eu d’incidence sur les résultats.

Très peu de patients ont développé une résistance aux fluoroquinolones, et ceux pour qui le traitement a échoué ou qui ont connu une rechute ont pu être soignés grâce à des traitements à base de bédaquiline. 

Par ailleurs, en contrôlant soigneusement l’audition de toutes les personnes sous traitement, les prestataires de santé ont pu limiter la perte d’audition (l’un des effets indésirables des médicaments injectables) en administrant un antituberculeux de deuxième ligne aux premiers signes de perte auditive. Aucune perte d’audition grave n’a été constatée depuis janvier 2016.

Il s’agit de la première étude jamais menée pour évaluer une approche globale de prise en charge de la TB-RR/MR à l’échelle d'un pays tout entier, en analysant le nombre de personnes dépistées, diagnostiquées et placées sous traitement, ainsi que les résultats des traitements. L’étude a également estimé les facteurs prédictifs de résultats défavorables, et notamment l’effet de la résistance initiale aux médicaments secondaires sur les résultats, facteurs qui n’avaient encore jamais fait l'objet d’un compte-rendu exhaustif.

« Les résultats indiquent qu’il est possible de mettre en œuvre une approche globale de diagnostic et de prise en charge de la TB-RR/MR et d’obtenir un bon taux de réussite, y compris dans les pays disposant de ressources limitées comme le Niger », explique le Dr Alberto Piubello, Coordinateur du programme de lutte contre la tuberculose multirésistante de L'Union et auteur principal de cette étude.

« La résistance aux médicaments menace nos efforts de lutte contre la tuberculose et plus 480 000 personnes ont été infectées rien qu’en 2018. Les données fournies par cette étude attestent clairement de l’efficacité, de la sûreté et de l’applicabilité du schéma thérapeutique plus court », souligne le Dr Puibello.

Le schéma thérapeutique plus court visé par cette étude est mis en œuvre depuis 2008 dans l’ensemble du Niger pour la TB-RR, grâce à la collaboration entre programme national de lutte contre la tuberculose et la Fondation Damien, avec l’appui technique de L’Union.

Suite aux premiers résultats encourageants du traitement entièrement administré par voie orale modifié pour les patients sujets à l’ototoxicité, le Niger envisage de déployer des traitements entièrement administrés par voie orale pour soigner la TB-MR en conditions de recherche opérationnelle. 

Cette étude, intitulée Prise en charge de la tuberculose grâce au schéma thérapeutique plus court au Niger :Résultats programmatiques à l’échelle nationale (en anglais), a été publié dans le numéro de janvier de la revue Respiratory Medicine.

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