Une étude démontre que des mesures peu coûteuses permettent d'obtenir des gains rapides en termes de qualité de l’air et de santé publique

La diminution de la pollution de l’air entraîne une amélioration rapide et spectaculaire de la santé ainsi qu’une réduction de toutes les causes de morbidité : c’est ce qui ressort d’une étude intitulée Health Benefits of Air Pollution Reduction (Réduction de la pollution de l’air : les bienfaits pour la santé) et du rapport Clean Air Now, rédigé à partir de celle-ci. Co-signée par le Forum international des sociétés de pneumologie (FIRS) et l’Alliance contre les maladies non transmissibles (deux organisations dont L'Union est un membre fondateur), cette étude démontre que la réduction de la pollution de l’air – un facteur de risque important mais évitable pour la santé humaine – a des retombées positives notables sur la santé et que, d’autre part, les interventions dans ce domaine s’avèrent peu coûteuses au regard des résultats obtenus.

Alors que les représentants de plus de 200 pays se réunissent à Madrid du 2 au 13 décembre pour la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25), les auteurs de l’étude appellent les décideurs et dirigeants politiques à mettre en place d'urgence des interventions pour réduire la pollution de l’air et améliorer la santé de la population à l’échelle mondiale. 

« Nous savions qu’il y avait des avantages à endiguer la pollution, mais il y a de quoi être impressionné par l'ampleur des résultats et par la relative rapidité avec laquelle nous avons pu les obtenir », a déclaré l'auteur principal du rapport et directeur exécutif du FIRS, le Dr Dean Schraufnagel.

« Les résultats de notre étude indiquent que la baisse de l’exposition à la pollution de l’air a des effets sensibles et quasi immédiats sur la santé. Il est donc essentiel que les gouvernements adoptent et appliquent le plus vite possible les lignes directrices de l’OMS sur la pollution de l’air. »

L'étude montre que les interventions menées à l’échelle nationale et locale contre la pollution de l'air ambiant ou intérieur avaient eu des effets bénéfiques sur la santé sans pour autant freiner la croissance économique, quel que soit le PIB des pays pris en compte.

L’étude s’est intéressée aux interventions ayant réduit la pollution de l’air à la source. Les chercheurs, qui ont analysé les résultats atteints et leur délai d’obtention dans plusieurs environnements, sont parvenus à la conclusion que les bienfaits pour la santé étaient spectaculaires. Plusieurs types d’interventions ont permis d’obtenir des effets remarquables : le Clean Air Act aux États-Unis (1970), l'interdiction de la vente de charbon à Dublin (1990), la restriction de la teneur en soufre dans le fioul destiné aux centrales électriques et aux véhicules motorisés à Hong Kong (1990), l’interdiction de fumer dans les lieux publics en Irlande (2004), et un grand nombre d’interventions locales telles que la fermeture des usines et la réduction planifiée de la pollution due au trafic routier dans plusieurs villes hôtes des Jeux olympiques.

La Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire, organisée fin octobre à Hyderabad, a également donné lieu à des débats autour de la santé et des changements climatiques. Une séance plénière consacrée à une étude sur les effets néfastes de la pollution de l’air a établi que ce fléau tuait 6,5 millions de personnes par an, soit trois fois plus que le SIDA, la tuberculose et le paludisme réunis. Une autre session, intitulée « Un enfant à bout de souffle : pour mettre un terme aux décès résultant de l’asthme et de la pneumonie » (en anglais) a fait l’état des lieux sur les diagnostics, les traitements et les défis liés à l’asthme et à la pneumonie, en mettant l’accent sur les contextes propres aux pays à faible et moyen revenu. (Ces deux sessions peuvent être visionnées à nouveau en streaming.)

Alors que la Conférence mondiale de L’Union touchait à sa fin à Hyderabad, des médias du monde entier ont attiré l’attention sur la pollution de l’air dans le nord de l’Inde, qui avait atteint « des niveaux insupportables ». Ces pics de pollution, exacerbés par le brûlage des chaumes, les émissions issues du trafic, la pollution industrielle et la poussière liée aux chantiers, ont poussé la ville de Delhi à proclamer l’état d’urgence de santé publique. Quelques semaines plus tard, le 10ème Rapport sur l'écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a souligné qu'il était urgent de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de limiter au maximum les changements climatiques. Compte tenu du caractère inexorable du changement climatique et de sa corrélation avec la qualité de l'air, ainsi que du grand nombre de cas où la pollution de l’air a atteint des niveaux élevés, ces événements – à l’instar de l’étude – rappellent la nécessité de mettre en place des interventions concrètes pour réduire la pollution de l’air à la source.

Pour en savoir plus, veuillez consulter l’étudeHealth Benefits of Air Pollution Reduction, publiée dans les Annales de la Société américaine de thoracologie, et le rapport de plaidoyer Clean Air Now qui en est issu.

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