Une étude de L’Union au Myanmar a permis d’améliorer la prise en charge des adolescents dans les programmes de soins contre le VIH

L’amélioration des services destinés aux adolescents infectés par le VIH a permis de mieux maintenir ces derniers dans le parcours thérapeutique dispensé par le Programme de soins intégrés contre le VIH (Programme IHC) de L’Union au Myanmar. Une amélioration justifiée par une récente étude de L'Union, qui démontre que les adolescents séropositifs traités dans le cadre du programme IHC obtenaient de moins bons résultats que les enfants plus jeunes participant au même programme. Les conclusions de l’étude soulignent donc la nécessité de déployer des efforts plus ciblés pour prodiguer des soins supplémentaires aux adolescents vivant avec le VIH. Une initiative qui s’est déjà traduite par plusieurs changements de pratiques au sein du Programme IHC.

À cette fin, L’Union promeut la mise en place de services de conseil, de groupes de soutien et d’éducation par les pairs ainsi que d’activités ludiques pour les jeunes. Le programme IHC a permis d’éduquer la population – et en particulier les enfants et adolescents âgés de 10 à 19 ans – sur divers sujets tels que le VIH, la prévention de la transmission du virus, les traitements antirétroviraux (TAR) et leurs effets secondaires ainsi que la nutrition. Les participants au programme ont été encouragés à former le réseau bénévole de jeunes vivant avec le VIH. Désormais opérationnel, ce groupe se réunit une fois par mois et participe à des activités collectives, à des discussions et à des sessions d’éducation et de conseil par les pairs coordonnées par les délégués du groupe et par les professionnels de santé du programme IHC. Des « séances de rattrapage » sont proposées aux adolescents pour contrôler leurs connaissances de base sur le VIH ainsi que leur observance du traitement, et leur inculquer des pratiques pour vivre en bonne santé. Il est prévu d’étendre ces activités aux autres sites du programme HIC proposant des soins aux enfants séropositifs.

Les adolescents peuvent accéder à d’autres services, notamment des conseils systématiques et réactualisés pour les aider à révéler leur statut VIH. En outre, une nouvelle formation annuelle est dispensée aux pédiatres, aux professionnels de santé et aux travailleurs sociaux pour les aider à actualiser leurs connaissances sur les soins et les conseils à apporter aux enfants et adolescents autour du VIH. Ces activités se déroulent parallèlement à d’autres initiatives à long terme comme les kermesses annuelles.

Ces initiatives ont été mises en place par des directeurs de programmes bien conscients de la difficulté de maintenir les adolescents infectés par le VIH dans le parcours de soins. Un article rédigé par Thurain Htun et une équipe de L’Union, publié dans le Journal of Epidemiology and Infection, a évoqué l’ampleur du problème. Cette étude a analysé le taux d’abandon des adolescents séropositifs placés sous TAR. Le taux d’abandon désigne le taux d’adolescents perdus de vue ou décédés.

L’étude, qui a analysé des données systématiques sur des adolescents ayant reçu des soins contre le VIH entre juillet 2005 et juin 2017, indique que les taux d’abandon étaient plus élevés durant les deux premières années (en raison de diagnostics tardifs et de traitements entamés tardivement), et après cinq ou six années de traitement, ce qui indiquerait un affaiblissement de leur système immunitaire ou une baisse d’efficacité du TAR.

Les études précédentes ont montré que les adolescents vivant avec le VIH souffraient de discriminations et de stigmatisations susceptibles de diminuer la poursuite du TAR. La détermination et la prise en compte des raisons liées au contexte pouvant expliquer le démarrage tardif des traitements, la présence ou l'absence d'échec virologique et d'autres aspects psychosociaux empêchant les adolescents de poursuivre le TAR, constitue un domaine d’étude à approfondir.

Il s'agit de la première étude réalisée au Myanmar s’intéressant au maintien des adolescents séropositifs dans le parcours thérapeutique sur une période de 12 ans. Si l'on compare celle-ci aux études réalisées sur les adolescents dans les pays d’Afrique, le taux global d'abandon apparaît plus faible au Myanmar, ce qui suggère une meilleure organisation et/ou une prestation de services de santé supérieurs dans le cadre du programme IHC.

Toutefois, le fait que le taux d'abandon du TAR soit plus élevé chez les adolescents que chez les enfants souligne la nécessité de concevoir et de dispenser des soins supplémentaires adaptés aux besoins des adolescents, et qui tiennent compte d’obstacles tels que l'accès aux soins et la disponibilité de services d’aide psychologique, de professionnels formés aux questions de santé chez les adolescents et de services d’accompagnement dans la transition entre soins pour enfants et soins pour adultes.

En procédant régulièrement à la collecte et à l’analyse de données, le Programme IHC peut suivre les progrès réalisés, combler les lacunes en matière de soins, assurer l’amélioration de l’état de santé des patients et mettre en place des activités à haut niveau de performance.

Lancé au Myanmar en 2005, le Programme IHC a fourni des TAR à plus de 30 000 patients. Il opère en étroite collaboration avec le Programme national birman de lutte contre le sida, la direction de la santé publique birmane et le ministère birman de la Santé. Son financement est assuré par Total E&P Myanmar et par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

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