Un rapport publié par l’IJTLD examine la légitimité des modèles animaux pour étudier la comorbidité tuberculose-diabète

Un rapport publié dans l’International Journal of Tuberculosis and Lung Disease (IJTLD) se penche sur les recherches fondamentales entreprises à ce jour pour modéliser les liens entre la tuberculose et le diabète sucré au moyen d’expériences sur des souris, des rats et des cochons d’Inde. Rédigé par des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université du Massachusetts, ce document vise à évaluer l’état actuel des connaissances pour mieux identifier les lacunes à combler dans les études futures. Le rapport résume les conclusions de plusieurs études animales contribuant à expliquer les caractéristiques cliniques de la comorbidité tuberculose-diabète chez les humains.

Ce document, intitulé Tuberculosis and diabetes: From Bench to Bedside and Back a été publié dans le cadre de la série States of the Art, accessible aux abonnés de l’ITJLD, y compris les membres de L’Union.

L’article expose les limites actuelles des études cliniques sur la tuberculose chez les humains, notamment l’incapacité à accéder facilement à des échantillons issus du principal siège de la maladie dans les poumons, ainsi que l’incapacité à étudier les événements qui interviennent peu de temps après une infection par M. tuberculosis. Concernant ces limites, l’un des auteurs, le Dr Hardy Kornfeld, a déclaré : « Dans les données issues du modèle animal, la réaction immunitaire innée intervient plus tardivement suite à l’inhalation de M. tuberculosis, ce qui pourrait être un facteur majeur expliquant le degré de gravité plus important de la tuberculose active par la suite. Au moment du diagnostic, la réaction immunitaire innée a eu lieu il y a bien longtemps, ce qui signifie qu’elle n’aurait pas pu être découverte uniquement par des approches de recherche clinique. »

Bien que les résultats des recherches sur les rongeurs ne s'appliquent pas toujours aux humains, les auteurs du rapport suggèrent que ce modèle constitue la meilleure approche pour surmonter les obstacles limitant la capacité des chercheurs à étudier les symptômes initiaux de la maladie. Malgré les différences physiologiques entre rongeurs et humains, les auteurs soutiennent que les modèles animaux de la comorbidité tuberculose-diabète sont suffisamment robustes pour permettre d’étudier les mécanismes fondamentaux de la maladie et proposer des thérapies novatrices, tout en veillant à ce que les essais cliniques ultérieurs présentent une sécurité, une efficacité et une rentabilité optimales.

« La compréhension des mécanismes mis en évidence par les données du modèle animal permet d’expliquer certaines des caractéristiques cliniques de la comorbidité tuberculose-diabète. Il est possible d’associer recherche fondamentale et clinique pour continuer à valider les données du modèle animal chez les humains et développer des traitements axés sur l'hôte qui pourraient être administrés avant l'infection tuberculeuse », ajoute le Dr Hardy Kornfeld.

Le diabète multiplie par trois le risque de développer la tuberculose. Si l'importance du diabète sucré en tant que facteur de risque pour la tuberculose est admise, tous les mécanismes à l'origine de cette sensibilité n'ont pas encore été compris. Selon les auteurs du rapport, des recherches plus poussées devraient être menées pour mieux comprendre les mécanismes augmentant la sensibilité à la tuberculose chez les personnes diabétiques, ceci afin d’orienter l'élaboration des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose ainsi que les interventions cliniques et thérapeutiques.

L'article a été écrit par les docteurs Nuria Martinez et Hardy Kornfeld de la Faculté de médecine de l'Université du Massachusetts.

L’International Journal of Tuberculosis and Lung Disease est la revue officielle de L’Union. Celle-ci est distribuée dans plus de 165 pays dans le monde. Pour de plus amples renseignements sur cette revue et sur les conditions d’abonnement, voir cette page (en anglais).

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