Un rapport de The Economist Intelligence Unit pointe des lacunes criantes dans la lutte mondiale contre la tuberculose pharmacorésistante

L’Union salue la publication d’un rapport de The Economist Intelligence Unit, qui met en évidence des lacunes considérables dans les efforts actuellement déployés pour lutter contre la tuberculose pharmacorésistante. Ce document s’appuie sur de nouvelles données alarmantes qui soulignent les conséquences dévastatrices de cette maladie sur les vies humaines et sur l’économie mondiale. Le rapport indique que les décès liés à la tuberculose pharmacorésistante coûtent chaque année au moins 17,8 milliards d’USD à l’économie mondiale. Rien qu’en 2017, plus de 550 000 personnes ont contracté la tuberculose pharmacorésistante dans pratiquement tous les pays au monde, et 230 000 personnes en sont décédées.

L’Union appelle de manière urgente à prendre des engagements et des mesures pour faire face à la menace croissante de la tuberculose pharmacorésistante. La Directrice adjointe du Département Tuberculose et VIH de L'Union, le Dr Grania Brigden, qui a contribué à ce rapport, a déclaré :

« Les chiffres de ce rapport sont alarmants et témoignent de la nécessité économique d’accroître dès maintenant les investissements en faveur de la lutte contre la tuberculose. Si l’on considère que ces chiffres sont basés sur des estimations prudentes – ils ne prennent pas en compte les décès liés aux 400 000 personnes souffrant de la tuberculose pharmacorésistante qui n’ont été ni diagnostiquées ni traitées, soit environ 70 000 décès estimés – les conséquences potentielles totales de la tuberculose à l’échelle individuelle et économique sont effarantes.

« Augmenter les investissements en matière de recherche-développement pour mettre au point des soins antituberculeux complets représente la seule réponse logique, d’un point de vue moral et économique. Cela permettrait de renforcer les systèmes de santé : dotés de mécanismes d’intervention plus robustes, ceux-ci seraient mieux armés pour faire face aux futurs défis sanitaires.

« Outre l’impact économique à l’échelle mondiale, les ménages touchés par la tuberculose pharmacorésistante encourent des dépenses considérables. De ce fait, la maladie affecte d’autant plus les personnes possédant moins de ressources, perpétuant ainsi le cycle de la pauvreté.

« Si nous souhaitons éliminer la tuberculose pharmacorésistante, il sera indispensable de protéger les personnes affectées par l’impact économique de la maladie. L’application de la couverture santé universelle sera un élément essentiel de cette démarche, qui vise à garantir la mise en place de stratégies de protection sociale efficaces telles que la sécurité sociale, l’aide alimentaire, les pensions d’invalidité, les chèques-transport, l’aide au logement ainsi que des mesures de sécurité de l’emploi.

« Le rapport indique que les financements en faveur de la lutte contre la tuberculose offrent un retour sur investissement élevé. Pourtant, les sommes allouées aux programmes de prévention et de traitement de la maladie n’atteignent pas l’objectif fixé à 3,5 milliards d’USD – un écart appelé à se creuser considérablement lors des prochaines années si les pays n’agissent pas. »

Le rapport intitulé It’s Time to End Drug-Resistant Tuberculosis: The Case for Action, publié par The Economist Intelligence Unit avec le soutien de Johnson & Johnson, est consultable sur cette page (en anglais).

 

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