Tabac : il est grand temps d'aller au cœur du problème

Chacun sait que le tabagisme est une cause majeure de nombreux types de cancer. Mais l'impact de la consommation de tabac sur la santé cardiaque est moins bien compris. À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, nous nous joignons à nos partenaires et aux défenseurs de la lutte antitabac à travers le monde pour sensibiliser davantage aux effets du tabagisme, et de la fumée secondaire, sur le cœur.

Après l'hypertension artérielle, le tabagisme est le premier facteur de risque de maladies cardiovasculaires, dont les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies vasculaires périphériques. Les maladies cardiovasculaires font plus de morts que toute autre cause dans le monde, et 12 % de ces décès sont imputables au tabagisme et à l’exposition à la fumée secondaire.

Le tabac brise des cœurs. En plus grand nombre que jamais. Chaque année, sept millions de personnes en meurent. D'ici à 2030, en l’absence de revirement radical de situation, elles seront un milliard. Ces chiffres peuvent sembler peu parlants. Pourtant, derrière chacun d’eux se cache un père, une mère, un frère, une sœur ou un ami. Un milliard, et ensuite...

Mais de ce désastre se dégage une réalité accablante que nous ne pouvons pas ignorer : chacun de ces décès est évitable.

Les maladies liées au tabac constituent une épidémie industrielle d'une ampleur unique, orchestrée par un puissant groupe de multinationales qui vendent des produits mortels fortement dépendogènes. Comme le résume l’Oxford Medical Companion en quelques mots : « le tabac est le seul produit de consommation légalement en vente qui entraîne la mort de ceux qui l’utilisent comme le prévoit le fabricant ». En d'autres termes, l'industrie du tabac, les BAT, PMI, JTI et consorts, leurs cadres et leurs avocats, sont une forme unique de vecteur de maladie, qui dissémine les conséquences dévastatrices du tabagisme autour du monde. Et ce faisant, ils en retirent des bénéfices colossaux.

Tous les gouvernements au monde ont à leur disposition les outils nécessaires pour enrayer cette épidémie -- la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (la CCLAT de l’OMS) -- mais nombre d’entre eux n’en font pas le plein usage.

La fiscalité du tabac est l’outil de santé publique le plus efficace mais le moins utilisé. Elle a fait ses preuves pour réduire le tabagisme à long terme à l’échelle d'une population. L'augmentation des taxes sur le tabac accroit également les recettes fiscales des gouvernements qui peuvent les réaffecter stratégiquement aux systèmes de soins de santé universels ou à des programmes de santé publique. Pourtant, le nombre de pays ayant adopté des politiques fiscales sur le tabac à la hauteur des taux recommandés par l’OMS a reculé ces dernières années.

Les raisons de cette situation sont pour certaines techniques, pour d'autres très complexes. Beaucoup sont liées aux messages insidieux et omniprésents de l'industrie du tabac. Pour de plus amples informations sur cette question, veuillez cliquer ici. Mais, à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, en tant que défenseurs de la santé publique, nous devons concentrer nos efforts sur le message suivant : une mobilisation politique au plus haut niveau est urgente afin de réunir les gouvernements et les chefs d’état pour qu'ils unissent leurs forces vers un objectif commun : mettre fin au fléau des maladies liées au tabac, des décès prématurés et de la pauvreté qui en découlent. Si tous les pays mettaient en œuvre une stratégie fiscale efficace sur le tabac conforme aux recommandations de la Convention-cadre de l’OMS, nous serions bien plus proches du but que jamais.

Cette année, les Nations Unies organisent une réunion des dirigeants du monde entier afin de convenir de la marche à suivre pour éradiquer l'épidémie du tabac, premier facteur de risque des maladies non transmissibles, dont les maladies cardiovasculaires et les cancers. La Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les maladies non transmissibles se déroulera le 27 septembre à New York. Afin qu’elle soit couronnée de succès, les chefs d’état, parlementaires, décideurs politiques et personnes d'influence du monde entier devront se réunir et convenir des priorités et des stratégies de collaboration. Pour réussir à enrayer la forte hausse des maladies non transmissibles dans le monde, faire reculer le tabagisme et la mainmise de l’industrie du tabac doit être au cœur de cette stratégie. L'augmentation des taxes sur le tabac et la prévention de l’ingérence de l’industrie du tabac dans l'élaboration des politiques sont par conséquent des impératifs internationaux dans la lutte contre les maladies non transmissibles.

Aujourd'hui, à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, je vous invite à nous rejoindre et à appeler vos représentants politiques à agir, à les exhorter à prendre part à la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les maladies non transmissibles. Et à faire passer votre santé, et celle de vos proches, avant les intérêts de l'industrie du tabac.

Mobilisez-vous à nos côtés pour que le tabac cesse de briser des cœurs.

Découvrez comment vous impliquer pour la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les maladies non transmissibles ici, sur le site Internet de la campagne NCD Alliance ENOUGH.

 

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