Prabodh Bhambal : l’homme qui chante les louanges de Singapour

Prabodh Bhambal : l’homme qui chante les louanges de Singapour

Assumer simultanément la gestion des finances de L’Union à l’échelle mondiale, les fonctions de Directeur exécutif adjoint et celles de Directeur régional pour l’Asie-Pacifique peut sembler un défi considérable, voire impossible à relever. Mais pour Prabodh Bhambal il n’en est rien, bien au contraire.

Assumant déjà deux rôles – et pas des moindres – au sein de L’Union, Prabodh a été nommé en avril Directeur du Bureau de Singapour, conduisant naturellement certains à se demander : comment fait-il pour assumer de front autant de responsabilités ?

La réponse réside dans sa détermination. Pour lui, œuvrer à l’amélioration de la santé publique est à la fois un objectif professionnel et une affaire personnelle et c’est précisément cet enthousiasme qui l’anime dans son travail. Fort de plus de 20 ans d’expérience en gestion financière et en management de projets, Prabodh supervise depuis 2007 les opérations financières de L’Union à l’échelle mondiale, chapeautant 200 projets dans 89 pays. Pour quelqu’un qui a un Master en finances, travailler dans la santé publique a dû sembler à des années-lumière du monde de l’entreprise, dans lequel il a débuté sa carrière.

En effet, sa reconversion dans le secteur à but non lucratif a été le fruit du hasard. Elle s’est produite lorsqu’il a quitté son poste d’expert financier dans un cabinet de conseil en management pour rejoindre à New Delhi le Programme d’éradication de la lèpre financé par l’Agence danoise pour le développement international (Danida). Le programme recherchait un « conseiller financier ». Si Prabodh reconnaît volontiers qu’il « ne savait pas où il mettait les pieds », il a su dès sa prise de fonctions qu’il était exactement là où il voulait être. Par la suite, il est devenu en 2001 conseiller financier pour l’Organisation mondiale de la Santé, où il a participé à l’élaboration du budget du Programme national de lutte contre la tuberculeuse du Gouvernement indien, avant d’intégrer trois ans plus tard la Fondation Aga Khan, à New Delhi, pour laquelle il a mis en œuvre un fonds de secours post-tsunami de 2,3 millions d’US$ dans l’État de l’Andhra Pradesh.

Son expérience à la Fondation Aga Khan a marqué un nouveau tournant dans sa carrière : cela a été l’occasion pour lui de découvrir la réalité des programmes. Il s’est non seulement aperçu que ce travail « de terrain » le passionnait, mais aussi qu’il était compétent en la matière. « Nous devions régulièrement nous rendre dans les villages de l’intérieur du pays pour rencontrer les populations locales afin de bien comprendre les problèmes de santé qui se posaient dans les villages », se souvient-il. Puis il y eut le départ du responsable principal de programme de la Fondation, suite à quoi Prabodh a été amené à élargir encore ses compétences.

Fort de cette nouvelle expertise, Prabodh a rejoint L’Union en février 2007 en tant que chef des finances pour l’Inde. Il a ensuite été rapidement promu au poste de Contrôleur des finances, avant d’être nommé quatre ans plus tard Directeur financier, puis Directeur exécutif adjoint en 2013. À la tête d’une « formidable équipe » à Paris, Prabodh continue de superviser et de gérer les finances de L’Union à l’échelle mondiale. Par ailleurs, il a pris cette année la tête du Bureau de Singapour, lui donnant l’opportunité de renouer avec le travail de terrain.

Selon lui, cette région tend à être isolée du fait du décalage horaire avec l’Amérique et l’Europe. Pourtant, la région jouit d’un énorme potentiel pour faire avancer les choses dans le domaine de la santé publique, estime-t-il.

« Les taux de morbidité ne sont certes pas aussi élevés qu’en Inde, en Afrique ou en Chine, mais ils n’en sont pas moins inexistants. Singapour dispose de remarquables ressources, les possibilités sont donc considérables. C’est précisément pour ces raisons que j’ai accepté ce poste ».

Singapour a largement soutenu nombre d’activités déployées par L’Union à travers le monde, rappelle Prabodh, se disant néanmoins convaincu que le pays devrait pouvoir développer ses propres activités.

Prabodh souhaite améliorer le travail effectué dans plusieurs domaines clés, notamment en ce qui concerne la tuberculose et le tabagisme et aussi les MNT. L’autre domaine qu’il entend renforcer est le soutien apporté par le Bureau de Singapour aux programmes d’éducation et de formation de L’Union.

L’objectif est d’assumer un plus grand rôle dans la gestion des activités de formation et d’éducation. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le directeur du Département Formation pour veiller à ce que le Bureau de Singapour fournisse tout le soutien nécessaire de manière à garantir le succès du programme d’éducation et de formation », explique-t-il.

Par ailleurs, Prabodh est bien conscient des vastes perspectives de levée de fonds dans un pays développé comme Singapour. Il est question de créer une entité dénommée Réseau singapourien de santé publique, destinée dans un premier temps à faire coopérer différents organismes de santé publique, avant de l’élargir au monde de l’entreprise. « Je pense que l’un des grands problèmes est que les entreprises ne comprennent pas complètement ce que nous faisons », souligne Prabodh. « Leurs programmes de responsabilité sociale se concentrent souvent sur les mêmes causes comme les établissements ou les hôpitaux pour enfants, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais il y a encore beaucoup à faire, avec à la clé de formidables résultats ».

Outre le projet de Réseau singapourien de santé publique, le Bureau de Singapour a reçu de la Faculté de santé publique Bloomberg de l’Université Johns Hopkins une subvention de 170 000 US$. Cette somme servira à financer fin juin, au Myanmar, une formation destinée à un public de cadres pour les aider à optimiser la gestion des programmes de lutte antitabac.

Depuis sa prise de fonctions, Prabodh a fait passer les effectifs du Bureau de Singapour de 7 à 15 personnes et a engagé deux nouveaux stagiaires. Il a également été invité à rencontrer les étudiants de l’École Kuan Yew Lee de politique publique et à participer au programme de stages de l’établissement. Par ailleurs, il espère nouer de nouveaux partenariats avec les entreprises lors d’un événement qui sera organisé par la Bourse de Singapour.

Tout ceci n’est qu’un début et Prabodh espère bien placer Singapour au cœur des activités de L’Union. Pour un homme prêt à relever tous les défis – qui a eu par exemple l’occasion de superviser un projet d’un million d’US$ qui a permis de construire en Inde une école en un peu moins d’un an après la mise en place du projet, et ce en n’ayant aucune expérience dans la gestion de projets de construction –, cela  ne devrait pas être un problème.

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