Plus de 20 millions de personnes protégées de la fumée secondaire dans la ville chinoise de Shenzhen depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction de fumer dans les lieux publics

Le 1er janvier 2017, la loi sur l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics intérieurs est entrée en vigueur dans la quatrième ville la plus peuplée de Chine, Shenzhen.

Le texte, qui vise à protéger la population des méfaits de la fumée secondaire, était appliqué depuis mars 2014, mais une période de grâce de 34 mois avait été accordée aux lieux de divertissement. La loi s’applique donc désormais à l’ensemble des bars, maisons de thé et salons de massage.

« La loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics à Shenzhen est largement plébiscitée par la population et est rigoureusement respectée. Cette nouvelle phase d’application de la loi s’effectue donc sur une base solide », a déclaré le Directeur du Département Contrôle du tabac de L’Union, le Dr Gan Quan. « Nous félicitons le gouvernement de Shenzhen d’être parvenu à mettre en œuvre de façon exhaustive cette politique vitale. Aucune exposition à la fumée secondaire, aussi infime soit-elle, n’est inoffensive ».

Le tabagisme passif entraîne des maladies graves comme le cancer du poumon et les maladies coronariennes. Chez les enfants, il provoque le syndrome de mort subite du nourrisson, des infections de l’oreille moyenne, des infections aiguës des voies respiratoires inférieures et une exacerbation de l’asthme. La Chine est l’un des pays avec les plus forts taux de tabagisme : 49 % des hommes et 2 % des femmes sont fumeurs (Banque mondiale, 2012).

Ces sept dernières années, L’Union a fourni au Centre de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles de Shenzhen une assistance technique ainsi que des subventions financées par l’Initiative Bloomberg pour la réduction du tabagisme. En collaboration avec ses partenaires de l’Initiative Bloomberg, L’Union a également aidé le gouvernement municipal de Shenzhen à mettre en œuvre cette nouvelle phase de la politique de lutte antitabac : elle a formé de nouvelles équipes chargées de faire respecter la législation pour verbaliser les contrevenants, mené des campagnes médiatiques, mobilisé des bénévoles pour sensibiliser la population et a mis au point des mécanismes pour évaluer l’impact de la loi.

Shenzhen compte plus de 20 millions d’habitants et est la dernière grande ville du pays à avoir adopté une loi antitabac exhaustive, après Pékin, Shanghai et Canton. Le succès remporté par ces politiques au niveau local crée une dynamique en vue d’une loi antitabac nationale qui permettrait de protéger 1,4 milliard de personnes des méfaits du tabagisme.

« Lorsqu’elles sont correctement appliquées, les lois antitabac sont plébiscitées et s’avèrent très efficaces. Mais pour réduire ses forts taux de tabagisme, la Chine doit adopter d’autres politiques vigoureuses. L’augmentation des taxes sur le tabac sur le long terme et l’introduction de l’emballage neutre permettront d’aider les fumeurs à arrêter de fumer et de dissuader les non-fumeurs de commencer », a souligné le Dr Gan. « En Chine, le problème de la pollution atmosphérique fait régulièrement la une des journaux et la santé respiratoire est devenue une question prioritaire. Nous savons que ces politiques antitabac protègent la santé respiratoire. Nous exhortons donc le gouvernement national à agir ».

La loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics à Shenzhen a été mise en œuvre de façon satisfaisante et est largement plébiscitée par la population. Les taux de conformité sont élevés : 87 % pour les restaurants et 85 % pour les immeubles de bureaux. L’expérience montre que, lorsque les lois antitabac sont appliquées correctement, les gens sont moins susceptibles de fumer à leur domicile, ce qui permet de réduire l’exposition des enfants à la fumée secondaire.

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