« On se sent mieux quand on donne, quand on contribue. Pour moi, être membre de L’Union c’est un partenariat à double sens. »

« On se sent mieux quand on donne, quand on contribue. Pour moi, être membre de L’Union c’est un partenariat à double sens. »

Anete Trajman est secrétaire de la Section tuberculose de L’Union. Basée au Brésil, elle assumera prochainement les fonctions de secrétaire de programme pour la période 2018-2020.

Pour illustrer sa philosophie de vie, son éthique professionnelle et la façon dont elle envisage son rôle au sein de L’Union, Mme Trajman cite volontiers Winston Churchill : « On vit de ce que l’on obtient. On construit sa vie sur ce que l’on donne. »

« Je suis heureuse et honorée de contribuer à l’accomplissement de la mission de L’Union », explique-t-elle, consciente que sa rencontre avec L’Union a été déterminante dans sa vie.

Mme Trajman a obtenu son diplôme de médecine au Brésil en 1979, avant d’effectuer sa résidence en médecine interne à Paris, ville où elle a vécu, étudié et travaillé pendant dix ans, mais où elle s’est aussi mariée et a élevé deux « merveilleux » enfants. De retour au Brésil, elle a décroché une maîtrise puis un doctorat à l’Université fédérale de Rio de Janeiro, tout en enseignant la médecine interne à l’Université Gama Filho.

On était alors dans les années 1990, époque où les patients atteints du VIH étaient insuffisamment traités et décédaient d’infections opportunistes, essentiellement la tuberculose et Pneumocystis carinii (aujourd’hui rebaptisé P. jiroveci). D’autres patients atteints de tuberculose, mais non porteurs du VIH, devaient être hospitalisés pour subir des interventions diagnostiques, telles que des biopsies pleurales, des biopsies des ganglions lymphatiques et des ponctions lombaires.

À partir de ce champ d’expérience clinique, Mme Trajman s’est rapidement intéressée à la tuberculose et ses projets de recherche ont naturellement commencé à porter sur le diagnostic et l’immunopathogénicité de la tuberculose.

En 2010, elle a été invitée à rejoindre le conseil consultatif du Programme national brésilien de lutte contre la tuberculose (PNT), dont elle fait toujours partie. Forte de son expérience en pratique clinique, dans l’enseignement et en recherche sur la tuberculose, elle a pu contribuer à la gestion et à l’élaboration des politiques au Brésil et prendre part à des projets de recherche sur les questions de mise en œuvre. Elle a également participé à la coordination de la Parceria Brasileira contra a Tuberculose (la branche brésilienne du Partenariat Halte à la tuberculose) et, de 2010 à 2012, elle a été présidente du Réseau brésilien de recherche sur la tuberculose.

C’est son intérêt pour la tuberculose qui l’a amenée à s’impliquer au sein de L’Union. Depuis 1999, Mme Trajman a participé à 14 conférences mondiales de L’Union et a présenté 36 résumés. Elle a également signé et/ou co-signé 15 publications dans The International Journal of Tuberculosis and Lung Diseases et, en 2004, elle a commencé à réviser les manuscrits de cette publication.

En 2016, ses collaborateurs ont proposé sa candidature au poste de secrétaire de la Section tuberculose de L’Union, remportant l’élection avec plus de 70 % des voix. Elle assumera prochainement les fonctions de secrétaire de programme (jusqu’en octobre 2020), ce qui l’amènera à participer encore davantage aux activités scientifiques de L’Union.

Nombre des résumés que Mme Trajman a présentés lors des conférences de L’Union ont été rédigés en collaboration avec ses étudiants, auxquels elle consacre une grande partie de son temps.

Elle s’attache toujours à sensibiliser ses étudiants à la nécessité d’avoir quelque chose à offrir en retour, comme dans la citation de Winston Churchill, et au fait qu’adhérer à L’Union et participer à ses conférences constitue un excellent point de départ. Il s’agit, selon elle, d’une relation à double sens.

« J’ai toujours cherché à parrainer mes étudiants pour qu’ils participent aux conférences de L’Union, notamment à la Conférence annuelle de la Région Amérique du Nord », explique-t-elle.

« On se sent mieux quand on donne, quand on contribue. Pour moi, être membre de L’Union c’est un partenariat à double sens », poursuit-elle.

Et cette idée de réciprocité prend tout son sens lorsque Mme Trajman explique comment sa participation à la conférence de L’Union de 2002 a changé le cours de sa vie.

« Lors de la Conférence de L’Union à Montréal en 2002, je suis allée voir le Dr Richard (Dick) Menzies pour discuter d’un projet sur le test cutané à la tuberculine (TCT) et l’infection tuberculeuse latente. Cela m’a demandé un peu de courage, mais j’ai découvert un homme très aimable et accessible, bien qu’il fût très occupé dans ses fonctions de président de la conférence », se souvient-elle.

« La collaboration avec Dick et son équipe à l’Université McGill a été extrêmement fructueuse. Nous avons organisé des échanges d’étudiants, nous avons travaillé sur divers projets de collaboration ainsi que sur des publications qui ont permis de faire évoluer récemment les recommandations de l’OMS sur le traitement de la tuberculose latente et résistante. Le leadership, les compétences et l’esprit de collaboration de Dick ont été une référence dans ma vie professionnelle. De plus, cette collaboration m’a permis de devenir professeur associé invité à l’Université McGill », confie-t-elle.

À l’Université McGill, Mme Trajman a fait la connaissance d’un autre collaborateur : Kevin Schwartzman, actuellement vice-Président de la Section tuberculose. Il a lui aussi été un modèle pour elle, à la fois en tant qu’« universitaire brillant » et comme militant actif au sein de L’Union.

Ces collaborations décisives, forgées à la conférence de L’Union de 2002, confortent Mme Trajman dans l’idée qu’il est important de parler de L’Union à ses étudiants et de leur apporter le soutien nécessaire pour les inciter à participer aux travaux de l’Organisation.

« L’Union constitue une plateforme unique pour collaborer, apprendre et promouvoir la santé respiratoire, à la fois en luttant contre la tuberculose et le tabagisme et en œuvrant pour améliorer la qualité de l’air. D’une part, L’Union soutient les étudiants et les jeunes chercheurs pour qu’ils participent aux conférences régionales et mondiales sur la santé respiratoire. Elle cherche également à offrir des opportunités en soutenant les collectes de fonds organismes par les organismes internationaux. Les membres ont accès à l’ensemble des publications et des webinaires de L’Union. D’autre part, L’Union offre à ses membres la possibilité de contribuer activement à l’amélioration du monde dans lequel nous vivons », explique-t-elle.

Mme Trajman joue pleinement son rôle dans ce vaste processus. En tant que secrétaire de la Section tuberculose de L’Union, elle participe à toutes les téléconférences et réunions virtuelles de la section (quatre à cinq par an, en moyenne) et rédige les procès-verbaux des réunions générales qui ont lieu pendant les conférences. « Lors de ces réunions, nous essayons d’accroître la participation des membres et d’améliorer les services que L’Union leur propose », souligne-t-elle.

Elle a également participé à l’organisation de plusieurs webinaires, avec le « soutien compétent et enthousiaste » de sa collègue Anuradha Castan. Bien que cela n’entre pas dans ses attributions de secrétaire, Mme Trajman examine également les résumés et les procédures d’attribution des prix pour les conférences.

« Le travail de secrétaire ne réclame que quelques heures par mois, mais faire du bénévolat demande beaucoup de cœur. »

Et Mme Trajman ne manque pas de cœur, ni même d’enthousiasme ou de dévouement. Cette volonté d’aider les gens à se former a sans aucun doute bénéficié à un jeune homme qu’elle a croisé dans son parcours.

« J’ai eu le privilège de financier les études d’un jeune Brésilien qui est aujourd’hui biologiste et professeur de biologie. Il a été le premier de sa famille à obtenir un diplôme. Il doit bien sûr sa réussite à son travail, mais c’est un honneur pour moi d’avoir contribué à changer le destin de quelqu’un », confie-t-elle.

Malgré cela, Mme Trajman conserve une profonde humilité. Pour elle, qui estime simplement « accomplir son travail comme il se doit », faire l’objet du présent portrait dans la rubrique « Nos experts » lui semble quelque peu démesuré.

Si le travail occupe de toute évidence une grande place dans sa vie, elle ne néglige pas pour autant ses loisirs.

« Souvent, les gens, surtout mes étudiants, pensent que je travaille tout le temps en raison de mes nombreuses responsabilités. Mais je trouve le temps de faire du sport régulièrement : je joue au tennis et je danse aussi. J’adore danser. Je suis des cours de samba toutes les semaines depuis dix ans. Et, surtout, je passe le plus de temps possible avec mon petit-fils de trois ans et j’essaie de suivre les conseils du philosophe américain du milieu du XIXe siècle Ralph Waldo Emerson : "…laisser derrière soi quelque chose de bon, un enfant en bonne santé, un coin de jardin ou une société en progrès ; savoir qu’un être au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde. Voilà ce que j’appelle réussir sa vie" », conclut-elle.

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