« Notre ambition est d’éradiquer totalement la tuberculose, et nous y parviendrons à condition de nous en donner les moyens politiques, techniques et financiers. »

« Notre ambition est d’éradiquer totalement la tuberculose, et nous y parviendrons à condition de nous en donner les moyens politiques, techniques et financiers. »

Le Dr Christopher Zishiri, Directeur du Bureau de l'Union au Zimbabwe, est optimiste pour l'avenir, et cela vient en grande partie de la confiance qu'il a en son équipe : « Le bureau de L'Union au Zimbabwe est une équipe dynamique formée d'experts locaux qui apportent un précieux soutien technique à l'action gouvernementale contre la tuberculose. »

Tenu en haute estime par le programme national de lutte contre la tuberculose, le bureau de L’Union au Zimbabwe conduit de nombreux projets, le plus important étant Challenge TB, financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). « Nous avons quatre axes de travail stratégiques dans le cadre du programme Challenge TB : trouver et traiter les personnes atteintes de la tuberculose qui ont été perdues de vue ; fournir des services intégrés tuberculose-VIH ; assurer la prise en charge programmatique de la tuberculose pharmacorésistante ; et conduire des activités de recherche opérationnelle, de suivi et d'évaluation », résume le Dr Zishiri. 

Le bureau de L’Union au Zimbabwe mène également des activités de dépistage actif parmi les communautés à risque, à l’aide de camions itinérants embarquant des appareils de radiographie numériques et des appareils GeneXpert – une initiative soutenue par le Fonds mondial – ainsi qu’en pratiquant le porte-à-porte au sein des communautés pour retrouver les patients perdus de vue – un projet financé par le Ministère britannique du développement international (DFID).

Grâce à ces travaux, L’Union a pu dégager des données factuelles et déployer des technologies nouvelles qui ont influé sur les politiques adoptées par le programme national de lutte contre la tuberculose. « L’Union a dirigé les travaux sur l’élaboration des lignes directrices zimbabwéennes en matière de traitement de la tuberculose. Elle a également mené une enquête nationale sur la prévalence de tuberculose et une autre sur la résistance aux antituberculeux. De plus, L’Union collabore actuellement avec l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la question des coûts de traitement exorbitants supportés par les personnes atteintes de la tuberculose au Zimbabwe », ajoute le Dr Zishiri. Du reste, les données factuelles contribuent de multiples façons à améliorer les diagnostics et les traitements. L’Union a récemment démontré qu’une meilleure utilisation des données sur la tuberculose au niveau local pouvait améliorer la qualité des données et des traitements.

« En travaillant avec les parlementaires et les journalistes spécialisés, L'Union a également contribué à replacer la tuberculose sur l’agenda politique et médiatique au Zimbabwe. »

Il y a tellement de travail au bureau de L’Union au Zimbabwe que le Dr Zishiri doit cumuler des fonctions techniques et de direction, gérer les relations avec les partenaires à l’échelle nationale et mondiale, et coordonner la prise en charge des différentes demandes de financement.

Malgré cet emploi du temps pour le moins chargé, l’intéressé ramène la conversation sur les patients et les communautés, et n’hésite pas à réaffirmer le leitmotiv de son équipe : « Chaque matin, nous nous levons pour aider la population, car c'est elle qui est au cœur de notre travail. »

Tous les projets en cours sont axés sur l’humain et mettent clairement l’accent sur le dépistage et le traitement des malades non diagnostiqués, dont beaucoup vivent dans des communautés difficiles d’accès. Comme l’explique le Dr Zishiri, les travaux de L’Union se sont révélés extrêmement fructueux à cet égard : « Lorsque le bureau de L’Union au Zimbabwe a été établi il y a une dizaine d’années, plus de 70 % des personnes atteintes de la tuberculose n’étaient pas diagnostiquées. À l’heure actuelle, on estime qu’il en reste 30 %. Nous sommes donc sur la bonne voie, même s’il reste encore beaucoup de travail à accomplir. »

Le Dr Zishiri attribue ces résultats positifs à de bonnes capacités de gestion et de direction, à une équipe triée sur le volet et à des partenariats soigneusement sélectionnés. Il apporte à son équipe un éventail unique de compétences, qu’il a cultivées en travaillant dans deux types d’environnement très différents. Avant de rejoindre L’Union en 2013, le Dr Zishiri travaillait comme consultant en médecine de santé publique auprès du conseil municipal de Birmingham (Royaume-Uni). En parallèle, il a suivi cinq années d’études spécialisées, sanctionnées par un diplôme de la faculté de médecine de santé publique à l’Université de Birmingham.

Avant cela, le Dr Zishiri avait travaillé pendant plus de douze ans dans les domaines de la santé publique et des études cliniques au Zimbabwe, où il a exercé la fonction de directeur médical de l’une des dix provinces du pays pour le compte du Ministère de la santé et de la protection de l'enfance. Il a également été coordinateur national pour la lutte antitabac au Zimbabwe et chef de file de la délégation zimbabwéenne auprès de l’organe intergouvernemental chargé des négociations pour la mise en œuvre de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) à Genève (Suisse).

Le Dr Zishiri a également piloté, pour le compte de l’OMS, l’action gouvernementale contre la tuberculose, le VIH et le paludisme dans le district de Bubi, et émis des recommandations concernant les priorités du Zimbabwe en matière d’action gouvernementale. C’est en travaillant autour de la tuberculose, l’une des priorités majeures au Zimbabwe en matière de santé publique, qu’il a commencé à s’intéresser tout particulièrement à cette maladie.

Ces expériences très diversifiées ont permis au Dr Zishiri de jongler avec les innombrables tâches quotidiennes du bureau de L’Union au Zimbabwe, lequel s’est considérablement développé sous sa direction. Il s’épanouit pleinement dans ce bouillonnement d’activités et s’enorgueillit de la capacité de son équipe à fournir une qualité de service toujours élevée. Une constance qu’il attribue à la convivialité qui règne au sein du groupe : « Les membres du bureau ne cessent de s’encourager et de se motiver les uns les autres : chacun est membre à part entière de L’Union. »

Mais nous avons tous besoin de temps libre, et le Dr Zishiri ne fait pas exception à la règle : en parallèle, il élève des chèvres Boer, une race à viande développée en Afrique du Sud au début de XXème siècle. Quand il ne met pas son expertise technique au service du programme national de lutte contre la tuberculose, il s’emploie donc à élever dans sa ferme familiale des chèvres aussi robustes que possible.

Le regard rivé vers l’avenir, le Dr Zishiri se veut résolument optimiste : « De nombreux défis nous attendent et l’incertitude est de mise dans le domaine de la tuberculose. Mes capacités de direction seront mises à rude épreuve, mais avec l’aide de L’Union, je suis persuadé que nous réussirons à y faire face. Notre ambition est d’éradiquer totalement la tuberculose, et nous savons que nous y parviendrons à condition de nous en donner les moyens politiques, techniques et financiers. »  

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