Message adressé par L’Union suite à la publication du Rapport 2019 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde

Suite à la publication du Rapport 2019 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, présenté par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), L'Union publie un message officiel basé sur les déclarations de sa Directrice scientifique, le Dr Paula I. Fujiwara. 

« Il est extrêmement préoccupant que le Rapport 2019 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde confirme que cette maladie infectieuse reste la plus meurtrière, devant le VIH/sida, avec quelque 1,5 million de décès chaque année. Il est également clair que l’éradication de la tuberculose ne sera pas réalisable tant que les dirigeants nationaux ne passeront pas à la vitesse supérieure », a déclaré le Dr Fujiwara.

« Pourtant, les chefs d'État du monde entier se sont réunis l'année dernière à l'Assemblée générale des Nations Unies et, pour la première fois, se sont engagés à l'unanimité à mettre fin à la tuberculose d'ici 2030 sur la base des objectifs de développement durable. Malgré les bonnes intentions exprimées, cet objectif ne restera qu’un vœu pieux, compte tenu de ces nouvelles données de l'OMS pour 2019, à moins d'un changement radical dans les méthodes employées pour y parvenir. Ce n'est pourtant pas si compliqué : la tuberculose est une maladie évitable que l'on sait traiter et guérir.

Au vu de ce nouveau rapport, l'un des points les plus inquiétants est l’incapacité à prévenir un nombre suffisant de nouvelles infections à l’échelle mondiale. Nous disposons des médicaments nécessaires pour prévenir la tuberculose. Nous savons également que la prévention demeure l'un des moyens les plus efficaces de ralentir la pandémie mondiale et d'atteindre l'objectif d’élimination de la maladie. Pourtant, les indicateurs révèlent que le nombre de nouveaux cas ne diminue pas de façon significative. Si nous voulons avoir une chance réaliste d'éradiquer la tuberculose, nous devons mettre en place la prévention de la maladie partout où nous la soignons. Il s’agit d’une urgence, et il est grand temps que des annonces importantes soient faites au sujet des essais de prévention, lors de la 50e Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire qui se tiendra dans moins de deux semaines à Hyderabad en Inde. »

Renfermant à elle seule un quart des cas de tuberculose à l’échelle mondiale, l'Inde est le pays le plus touché par cette maladie. Le gouvernement indien a fait de la lutte contre la tuberculose une priorité centrale et a pris l’engagement audacieux d’y mettre fin d'ici 2025, cinq ans avant l'objectif convenu au niveau mondial.

« Selon le rapport de l'OMS, le nombre de personnes atteintes de tuberculose en Inde est en baisse, ce qui est une bonne nouvelle », a indiqué le Dr Fujiwara. « Cela démontre qu'il est possible de faire des progrès substantiels contre ce fléau dans un court laps de temps, même dans les pays les plus étendus et diversifiés sur le plan géographique, si les dirigeants politiques font de la lutte contre cette maladie une priorité. Mais ne nous leurrons pas : la tuberculose ne diminue pas encore assez vite en Inde et les progrès sont encore trop lents pour atteindre les objectifs fixés. Et si nous n’éliminons pas la tuberculose en Inde, nous ne pouvons pas espérer y mettre fin à l'échelle mondiale.

Il s'agit d'un défi d'autant plus grand que presque tous les autres pays fortement touchés par la tuberculose, à l'exception de l'Indonésie, accusent un retard considérable par rapport aux avancées nécessaires pour atteindre l'objectif mondial d'éradication de cette maladie d'ici 2030. »

Le Rapport 2019 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde est disponible depuis cette page.

 

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