Message adressé par L’Union suite à la publication du Rapport 2018 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde

Suite à la publication du Rapport 2018 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, présenté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) un peu plus d’une semaine avant l’ouverture de la toute première réunion de haut niveau sur la tuberculose, L’Union publie un message officiel basé sur les déclarations de son Directeur des politiques et de la stratégie, M. Paul Jensen. 

« En 1993, l’OMS avait déclaré que la tuberculose constituait une urgence sanitaire mondiale. Et pourtant, après toutes ces années, 10 millions de personnes développent chaque année la maladie », a rappelé M. Jensen.

« La tuberculose est la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. Et, en même temps, nous sommes aux prises avec une crise sanitaire due à la résistance aux antituberculeux. D’après les dernières données publiées cette semaine, la réponse mondiale face à l’épidémie de tuberculose se trouve dans une phase de stagnation. C’est pourquoi L’Union et la société civile ont soutenu l’appel pour organiser une réunion de haut niveau sur la tuberculose, la première du genre, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de cette année. La semaine prochaine, à New York, il faut que les chefs d’État prennent position et qu’ils mettent ensuite leur poids politique au service d’un nouveau programme de lutte contre la tuberculose », a-t-il expliqué.

Prévention

« Pour la première fois, l’OMS publie dans son rapport un certain nombre de données clés sur la prévention. Ces statistiques troublantes montrent que la prévention de la tuberculose n’existe que sur le papier. La prévention joue un rôle essentiel dans la lutte contre la maladie. Le traitement préventif contre l’infection tuberculeuse peut empêcher de développer la maladie. Mais dans la plupart des pays, lorsqu’une personne est diagnostiquée positive à la tuberculose, le système de santé ne prévoit pas d’enquête systématique pour vérifier si les autres personnes du ménage ont subi un dépistage de la tuberculose », a déploré M. Jensen. 

« Un quart de la population mondiale vit avec une infection tuberculeuse. D’après les données publiées dans le rapport,  seules 103 000 personnes de plus de cinq ans exposées à la tuberculose dans leur foyer ont reçu un traitement préventif en 2017. Si les enfants qui vivent sous le même toit qu’un adulte atteint de la maladie sont particulièrement vulnérables à l’infection tuberculeuse, nous ignorons le nombre d’enfants de plus de cinq ans qui subissent un dépistage dans ces circonstances. Les enfants de moins de cinq ans sont très vulnérables lorsqu’ils sont exposés à la tuberculose, mais seul un enfant sur quatre reçoit un traitement préventif. Il s’agit d’une question de droits de l’homme. Il faut que les chefs d’État prennent la prévention de la tuberculose au sérieux et veillent à ce que les systèmes de santé protègent les enfants qui sont exposés à la maladie », a fait observer M. Jensen.

Tuberculose pharmacorésistante

« La pharmacorésistance constitue une crise sanitaire contre laquelle les chefs d’État doivent prendre des mesures urgentes. Seule une personne sur cinq souffrant d’une forme de tuberculose pharmacorésistante bénéfice d’un traitement. Par ailleurs, neuf pays ayant un taux de pharmacorésistance aux antituberculeux élevé ont vu le nombre de personnes traitées baisser en 2017 par rapport à l’année précédente », a souligné M. Jensen.

Innovation

« Une fois de plus, le rapport montre que l’innovation est essentielle pour lutter contre la maladie. Le soutien à la recherche n’a jamais été à la hauteur des besoins en matière de lutte contre la tuberculose. Le financement mondial de la recherche stagne depuis cinq ans : il couvre environ un tiers des dépenses nécessaires pour fournir des outils modernes de prévention, de diagnostic et de traitement de la maladie. C’est la raison pour laquelle les approches novatrices en matière de recherche, comme le Prix pour la vie, sont si importantes. Le rapport souligne que le nouveau Réseau de recherche sur la tuberculose des BRICS pourrait permettre de collecter de nouveaux fonds pour la recherche. Ce soutien sera le bienvenu », s’est félicité M. Jensen.

Tuberculose infantile

« La tuberculose infantile est largement négligée. Chaque année, un million d’enfants de moins de 15 ans contractent la tuberculose et ces enfants représentent un nombre disproportionné des décès dus à cette maladie dans le monde. Le rapport attribue cette situation au fait que les enfants atteints de tuberculose ont moins facilement accès aux soins médicaux que les adultes. L’épidémie silencieuse de tuberculose infantile exige que l’on adopte une approche fondée sur les droits de l’homme pour les soins antituberculeux, en utilisant pour cadre d’orientation la Convention relative aux droits de l’enfant », a préconisé M. Jensen.

Financement de la lutte contre la tuberculose

« Le coût de l’épidémie mondiale de tuberculose est supérieur aux financements disponibles. Les 119 pays à faible et moyen revenu recensés à travers le monde fournissent la majorité du financement mondial des soins contre la tuberculose, tandis que les contributions des pays les plus riches sont en baisse. Le financement fourni par les pays riches aux soins antituberculeux se monte à moins d’un milliard d’US$ par an, ce qui représente la moitié de leur contribution à la lutte contre le paludisme et seulement un huitième de leur contribution aux soins contre le VIH/sida. Si l’on veut remettre la lutte contre la tuberculose sur les rails, il faut doubler le financement mondial des soins antituberculeux pour atteindre 13 milliards d’US$ par an d’ici 2022 », a conclu M. Jensen.

Le Rapport 2018 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde est disponible depuis cette page (en anglais).

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