L'Union salue l'engagement des dirigeants du monde en faveur de la lutte contre la tuberculose zoonotique

Le 3 octobre 2018, l'Assemblée générale des Nations Unies a officiellement approuvé la Déclaration politique sur la lutte contre la tuberculose, un document historique négocié par les États membres de l'ONU pour la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose, organisée le 26 septembre 2018.

C'était la première fois que l'Assemblée générale de l’ONU réunissait les chefs d'État et de gouvernement pour tenter de trouver des solutions à l'épidémie mondiale de tuberculose, qui est désormais la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde. La déclaration politique adoptée à l'issue de la réunion est le premier cadre d'action mondial adopté par les dirigeants du monde pour lutter contre la tuberculose.

Le texte traite de la tuberculose humaine causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis. Néanmoins, s'inscrivant dans le cadre général des outils relatifs à la lutte et à l'éradication de la tuberculose dans le monde, la déclaration reconnaît également la nécessité de lutter contre la tuberculose bovine et zoonotique, essentiellement causée par la bactérie Mycobacterium bovis.

L'Union salue le fait que cette forme de tuberculose ait été prise en compte dans la déclaration politique des Nations Unies. Nous demandons instamment aux dirigeants nationaux de la santé de mettre en œuvre les recommandations formulées dans la Feuille de route pour la tuberculose zoonotique, approuvée par L'Union ainsi que par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Ces recommandations sont fondées sur l'approche « Une seule santé », qui vise à s'attaquer au problème de la tuberculose de façon systématique et exhaustive chez l'homme et les animaux.

La lutte contre la tuberculose bovine et zoonotique demeure un élément essentiel – bien que négligé – des efforts déployés à travers le monde pour éradiquer la tuberculose. Les populations qui vivent et travaillent aux côtés du bétail et celles qui consomment des produits alimentaires non traités tels que la viande, le lait et les fromages contaminés par M. bovis issus d'animaux eux-mêmes atteints de tuberculose sont exposés à l'infection par cette espèce spécifique de mycobactérie responsable de la tuberculose, distincte de Mycobacterium tuberculosis, l'espèce bactérienne responsable de la majorité des cas de tuberculose humaine. Les symptômes de la tuberculose causée par M. bovis – appelée « tuberculose bovine » lorsqu'elle se manifeste chez les animaux et « tuberculose zoonotique » lorsqu'elle apparaît chez l'homme – peuvent différer de ceux rencontrés dans la forme la plus courante de tuberculose. Chez l'homme, le traitement de M. bovis nécessite un traitement différent du traitement antimicrobien classique, car la bactérie est naturellement résistante au pyrazinamide, un médicament utilisé dans le traitement standard de la tuberculose.

D'après les estimations publiées par l'Organisation mondiale de la Santé dans son Rapport 2018 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde (en anglais), 142 000 personnes ont contracté la tuberculose zoonotique en 2017 et 12 500 en sont mortes la même année, essentiellement en Afrique et en Asie du Sud-Est, même si toutes les régions du monde sont concernées.

La déclaration adoptée par les ministres de la santé du G20 (en anglais) lors de leur récente réunion à Mar del Plata (Argentine) reconnaît que l'approche « Une seule santé » est essentielle pour faire face à la menace des maladies zoonotiques et renforcer la sécurité sanitaire mondiale.

Le succès de la mise en œuvre des stratégies et des plans décrits dans la déclaration politique adoptée à l'ONU et dans la Feuille de route pour la tuberculose zoonotique implique une large participation des vétérinaires, des responsables de la santé publique, des spécialistes de la faune, des chercheurs et des citoyens en général pour sensibiliser à la menace que constitue la tuberculose bovine et zoonotique et mener des actions coordonnées et multisectorielles pour éradiquer cette maladie.

Avec ses partenaires qui travaillent sur la tuberculose bovine et zoonotique, L'Union demande instamment aux chefs d'État et de gouvernement d'agir de toute urgence pour honorer les engagements pris dans la déclaration politique sur la tuberculose et se tient prête à apporter son aide dans les efforts qui seront entrepris.

Sont reproduits ci-après les paragraphes de la déclaration politique des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose qui traitent de la tuberculose zoonotique et bovine:

Paragraphe 5. [Nous] sommes conscients qu’à haut niveau, d’autres engagements et d’autres appels à des mesures d’intervention, notamment en matière de tuberculose multirésistante et zoonotique, ont été pris et lancés récemment par des organes et des réunions à l’échelle mondiale, régionale et sous-régionale, dont le Sommet de Delhi pour mettre fin à la tuberculose qui s’est tenu du 12 au 17 mars 2018 ;

Paragraphe 17. [Nous] sommes conscients des incidences économiques et sociales considérables, souvent catastrophiques, et du fardeau de la tuberculose pour les personnes atteintes de cette maladie, leurs foyers et les populations concernées, et que le risque et les effets de la tuberculose peuvent varier suivant les conditions démographiques, sociales, économiques et environnementales, et, afin de rendre possible l’élimination de la tuberculose, accordant la priorité, selon qu’il convient, notamment par la participation des collectivités et de la société civile et d’une manière non discriminatoire, aux groupes à haut risque et aux autres personnes qui sont vulnérables ou dans des situations de vulnérabilité, telles que les femmes et les enfants, les populations autochtones, les agents de soins de santé, les migrants, les réfugiés, les personnes déplacées dans leur propre pays, les personnes vivant dans des situations d’urgence complexe, les détenus, les personnes vivant avec le VIH, les toxicomanes, en particulier les usagers de drogues par injection, les mineurs et autres personnes exposées à la silice, les pauvres des zones urbaines et rurales, les populations mal desservies, les personnes sous-alimentées, les personnes exposées à l’insécurité alimentaire, les minorités ethniques, les populations et les collectivités exposées à la tuberculose bovine, les personnes diabétiques, les personnes souffrant de handicaps mentaux et physiques, les personnes présentant des troubles liés à la consommation d’alcool, et les personnes qui consomment du tabac, notant la prévalence plus élevée de la tuberculose parmi les hommes ;

Enfin, on trouvera ci-dessous le paragraphe de la déclaration adoptée le 4 octobre 2018 par les ministres de la santé du G20 à Mar del Plata où sont expressément citées les maladies zoonotiques :

Paragraphe 40. Outre le rôle de premier plan joué par l'OMS, le G20 reconnaît les contributions essentielles apportées par la FAO et l'OIE, notamment dans le cadre de la coopération menée par ces trois organisations pour lutter contre la menace des maladies zoonotiques, améliorer les capacités du secteur de la santé animale et mettre en œuvre des approches multisectorielles fondées sur le concept « Une seule santé » pour renforcer la sécurité sanitaire.

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