L’Union préconise de fixer une nouvelle cible pour garantir la bonne santé des personnes guéries de la TB après le traitement

Les acteurs de la santé mondiale doivent établir une cible pour que 90 % des personnes ayant suivi un traitement antituberculeux complet puissent se maintenir en bonne santé, souligne un article de L’Union (en anglais) publié dans le numéro de décembre de l’International Journal of Tuberculosis and Lung Disease (IJTLD).

Il conviendrait d’ajouter cet objectif aux cibles 90-90-90 déjà existantes en matière de diagnostic et de traitement de la tuberculose, introduites pour la première fois en 2015 dans le Plan mondial pour éliminer la tuberculose (PDF 7,3 Ko) mis au point par le Partenariat Halte à la tuberculose, qui vient de publier la version réactualisée de ce Plan mondial pour 2018-2022. Ces trois cibles axées sur les personnes consistent respectivement à atteindre 90 % des personnes touchées par la tuberculose, à atteindre 90 % des populations clés et à obtenir un taux de réussite de 90 % dans le traitement de la maladie.

Ces trois cibles étaient inspirées d’un système similaire établi en 2014 pour le VIH/SIDA, spécifiant qu’en 2020 : 90 % des personnes séropositives devraient connaître leur statut sérologique, 90 % des personnes personnes infectées par le VIH dépistées devraient recevoir un traitement antirétroviral durable et 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral devraient voir leur charge virale durablement supprimée. Une quatrième cible ‘90’ a été proposée en 2016 pour que « 90 % des personnes ayant vu leur charge virale supprimée puissent vivre en bonne santé. »

L’article de L’Union appelle ainsi à ajouter un quatrième ‘90’ aux cibles déjà existantes en matière de tuberculose dans la mesure où, pour beaucoup d’anciens patients, le fait d’avoir suivi un traitement antituberculeux complet ou d’avoir guéri de la maladie ne garantit pas nécessairement de continuer à vivre en bonne santé en dehors du système de soins.

La tuberculose est associée à un certain nombre de comorbidités, dont certaines nécessitent de pouvoir accéder à tout moment à des soins de santé, à des médicaments et à des analyses de laboratoire. Les exemples les plus courants concernent les personnes séropositives ou diabétiques, et celles atteintes de maladies respiratoires obstructives et restrictives préexistantes ou consécutives à la tuberculose. Il existe d’autres comorbidités, maladies et déterminants tels que la silicose, l'aspergillose pulmonaire chronique, la malnutrition, le tabagisme et l'excès d'alcool, qui sont autant de de facteurs de risque susceptibles d’apparaître à la suite du traitement antituberculeux. 

Si le traitement antituberculeux peut être efficace, il n’est pas bénin. Par exemple, les antituberculeux injectables de deuxième intention utilisés pour soigner la tuberculose multirésistante (TB-MR) peuvent souvent occasionner une perte d’audition progressive et définitive. Malgré l’adoption de schémas thérapeutiques administrés entièrement par voie orale, d'autres médicaments continuent d’être utilisés pour soigner la TB-MR, lesquels ont des effets qui persistent durablement après l'arrêt du traitement. C’est la raison pour laquelle les anciens patients vont continuer à devoir être suivis et soignés.

Par ailleurs, la prévalence des maladies mentales chez les personnes souffrant de la tuberculose est élevée et celles-ci peuvent persister une fois que le traitement a été achevé avec succès. Les maladies mentales peuvent être causées par la stigmatisation, la discrimination, l’isolement, le manque d’aide sociale et les effets indésirables des médicaments. D'autres facteurs de risque communs à la tuberculose, tels que la pauvreté, l'absence de domicile fixe et la toxicomanie, peuvent également persister à l’issue d’un traitement antituberculeux réussi.

En raison de tous ces facteurs (comorbidités, effets secondaires des traitements antituberculeux et troubles de la santé mentale), une part considérable de personnes atteinte de la tuberculose ont besoin d'aide et de soutien après la fin de leur traitement.

Il est important de déceler les comorbidités pendant le traitement de la tuberculose et d’orienter les personnes concernées vers des cliniques spécialisées dans le VIH ou le diabète pour qu’elles soient certaines de recevoir des soins de qualité. Les services axés sur les personnes – tels que l'aide au sevrage, l’évaluation de la fonction respiratoire, les diagnostics définitifs des maladies respiratoires et la continuité du soutien et des soins aux personnes souffrant de troubles mentaux ou de surdité – doivent tous être pleinement intégrés, en mettant l'accent sur la couverture sanitaire universelle.

« Le quatrième ‘90’ pour la tuberculose fournit un indicateur spécifique qui évalue la qualité de l'intégration et qui est parfaitement aligné avec le quatrième ‘90’ proposé pour le VIH/SIDA, conclut l’article. Il rappelle au personnel de santé que le fait de cocher la case "traitement réussi" ne signifie pas que leur travail est terminé, et qu'un effort supplémentaire s’avère nécessaire pour aider les patients dont ils se sont occupés à vivre en bonne santé et à s’y maintenir. » 

L’article complet, intitulé Faut-il envisager un quatrième ‘90’ pour la tuberculose ? (en anglais) a été publié dans le numéro de décembre de l’IJTLD et est accessible aux membres de L’Union. Pour de plus amples informations sur les modalités d’adhésion à L’Union, veuillez consulter le site Internet theunion.org.

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