L’Union dénonce la création d’une « Fondation pour un monde sans fumée » par Philip Morris International

L’Union dénonce la création par Philip Morris International d’une « Fondation pour un monde sans fumée », qu’elle considère comme un pot-de-vin d’un milliard d’US$ visant à permettre au cigarettier de s’assurer un siège à la table des décideurs mondiaux dans le domaine de la santé publique.

« Philip Morris International engrange chaque année d’énormes profits au détriment de personnes malades, appauvries et mourantes qui consomment ses cigarettes. Le tabac tue un fumeur sur deux. Par ailleurs, près de 80 % des fumeurs vivent dans les pays les plus pauvres du monde.

Pendant ce temps, Philip Morris International investit chaque année plus de six milliards d’US$ dans des campagnes qui visent à attirer de nouveaux consommateurs. Avec sa nouvelle fondation, Philip Morris International entend faire valoir ses vues auprès des responsables politiques et experts en santé publique et acquérir une respectabilité sous couvert de collaboration. Mais depuis quatre décennies, l’industrie du tabac s’emploie à diffuser des données pseudo-scientifiques pour tromper le public sur les dangers mortels du tabagisme.

Une fondation pour un monde sans fumée existe déjà : la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac. Il s’agit d’un traité sur la santé juridiquement contraignant ratifié par 180 pays qui se sont engagés à mettre en œuvre des mesures ayant prouvé leur efficacité pour réduire le tabagisme, ainsi que les maladies et les décès qui y sont associés.

L’une des mesures phares de la Convention-cadre consiste à empêcher l’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques de santé publique. Lorsque les pays peinent à honorer leurs obligations au titre de ce traité, nul besoin de chercher bien loin pour constater que l’industrie du tabac agit pour contrecarrer les progrès. Elle emploie pour ce faire différentes tactiques comme les recours en justice contre les politiques de santé publique en faisant valoir le droit commercial international, ou encore les menaces directes, l’intimidation et le lobbying auprès des pouvoirs publics. L’industrie du tabac finance également des groupes de pression qui défendent les droits des agriculteurs et de l’industrie hôtelière.

Selon les prévisions de l’OMS, le tabagisme devrait tuer un milliard de personnes au cours de ce siècle. Le fonds d’un milliard d’US$ créé par Philip Morris International n’empêchera pas cette hécatombe. Il ne contribuera pas à l’avènement d’un monde sans tabac. Par la propagande qu’il distillera, ce fonds ne fera qu’entraver, retarder et brouiller le travail des militants et responsables de la santé publique qui défendent l’instauration de mesures fondées sur des données probantes pour réduire le tabagisme.

Ce n’est pas avec l’argent souillé des géants du tabac ou les données pseudo-scientifiques qu’ils colportent que l’on pourra bâtir un monde sans tabac. Ce monde se construit peu à peu, avec l’engagement des responsables politiques à préserver la santé des populations, mais aussi grâce à l’intégrité et à l’expertise technique des universitaires et des organisations de la société civile aux quatre coins du monde ».

Actualités