« L’Union a trouvé un moyen ingénieux de réunir les spécialistes de la tuberculose pour faire reculer cette maladie... Cela est d’autant plus vrai pour la tuberculose zoonotique. » Adrian Muwonge, Président de la Sous-section Tuberculose zoonotique

« L’Union a trouvé un moyen ingénieux de réunir les spécialistes de la tuberculose pour faire reculer cette maladie... Cela est d’autant plus vrai pour la tuberculose zoonotique. »  Adrian Muwonge, Président de la Sous-section Tuberculose zoonotique

Il y a près d’un an, on apprenait pendant la 47ème Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire à Liverpool qu’un vétérinaire avait contracté la tuberculose animale (ou zoonotique) en soignant un gnou. 

Le fait que cette histoire ait fait les gros titres de l’actualité souligne l’intérêt accru porté à cette variante de la tuberculose que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait qualifiée de négligée depuis des décennies. 

Pour M. Muwonge, Président de la Sous-section Tuberculose zoonotique de L’Union et membre du Comité de coordination des activités scientifiques (CCAS) – lequel décide chaque année du contenu scientifique de la conférence mondiale –, ce phénomène témoigne du rôle joué par la conférence pour sensibiliser à l’infection chronique et débilitante qu’est la tuberculose zoonotique. 

« La conférence constitue la tribune idéale pour attirer l’attention sur la tuberculose zoonotique. Tous les acteurs concernés y sont présents, notamment des médecins, microbiologistes, militants, épidémiologistes, vétérinaires, responsables politiques, représentants de l’industrie biomédicale et des journalistes. Nous avons donc utilisé cette tribune pour nous adresser au monde, et le monde commence à nous écouter », explique M. Muwonge. 

« Nous avons créé une forte dynamique parmi les partenaires tripartites – l’Organisation mondiale de la Santé, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé animale – en vue d’élaborer une politique mondiale sur la tuberculose zoonotique », poursuit-il. 

M. Muwonge avait été invité par la Sous-section Tuberculose zoonotique à présenter ses travaux de doctorat lors de la conférence de 2012 à Kuala Lumpur. Et c’est précisément pour sa connaissance approfondie de la tuberculose zoonotique qu’il a retenu l’attention de L’Union. 

« À la fin de la conférence, j’étais complètement conquis. J’ai alors présenté ma candidature au poste de Secrétaire de programme et je crois que je suis le plus jeune à avoir occupé ces deux postes (Secrétaire de 2013 à 2015 et Président de 2015 à 2017) », souligne-t-il. 

Parallèlement à sa fonction de Président de la Sous-section Tuberculose zoonotique, M. Muwonge poursuit ses travaux de recherche dans les universités d’Édimbourg (Royaume-Uni) et de Makerere (Ouganda).

« Ma journée de travail débute généralement à 6h30 du matin. Je dois jongler entre mon travail de recherche et ma fonction de Président de la Sous-section Tuberculose zoonotique. Mon organisation est plutôt bien rodée maintenant. De 6h30 à 8 heures, je travaille sur les activités du CCAS de L’Union. Cela consiste notamment à rédiger des rapports, à remplir des demandes et à organiser les symposiums sur la tuberculose zoonotique pour la conférence mondiale annuelle ainsi que les téléconférences du CCAS. De 8h45 à 17h30, je travaille sur mes projets de recherche, lesquels portaient jusqu’à récemment sur l’infection tuberculeuse à l’interface homme-animal en Afrique », confie-t-il. 

« Le 1er mars 2017, dans le cadre de mes travaux financés par le Conseil pour la recherche en biotechnologie et sciences biologiques de l’Institut Roslin, j’ai démarré un nouveau projet de recherche visant à comprendre les principes fondamentaux du développement de la résistance aux antibiotiques dans le système intestinal des éleveurs et de leurs bêtes en Ouganda », explique-t-il. 

Alors qu’il travaille déjà pour deux des plus importantes universités au monde, on pourrait se demander comment M. Muwonge parvient à maintenir son rôle actif au sein de la Sous-section Tuberculose zoonotique et quelles sont les raisons d’un tel engagement. Sa réponse est catégorique : « Le comité accomplit un travail extraordinaire, principalement grâce au dévouement exemplaire de ses membres. Le travail d’équipe est plus simple lorsque l’on partage des objectifs communs », fait-il observer. 

Ces objectifs consistent à mettre en évidence la double charge méconnue causée par Mycobacterium bovis pour les éleveurs et leurs bovins et à mettre au point une politique mondiale visant à limiter l’impact de M. bovis à l’interface homme-animal. 

Comme les années précédentes, la 48ème conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire, qui se tiendra à Guadalajara (Mexique), sera l’occasion de dévoiler les dernières avancées scientifiques sur cette question naguère considérée comme une simple curiosité avant d’être reconnue comme l’un des enjeux majeurs pour l’élimination de la tuberculose à travers le monde. 

« Selon moi, L’Union a trouvé un moyen ingénieux de réunir les spécialistes mondiaux de la tuberculose en vue de trouver des solutions spécifiques pour faire reculer cette maladie dans le monde. Cela est d’autant plus vrai pour la tuberculose zoonotique », souligne M. Muwonge. 

« Mon soutien et mon inspiration me viennent de ma femme, Patience Ashemeire. Il se passe beaucoup de choses dans ma vie dernièrement. Je suis enthousiaste à l’idée de fonder ma propre famille et je suis exalté de contribuer à repousser les frontières de la recherche mondiale sur la résistance aux antimicrobiens. Et avec tout cela, je trouve encore le temps de jouer de la batterie. Je ne peux pas m’en passer, en fait. Vous me mettez deux baguettes entre les mains et plus rien n’existe autour de moi », confie enfin M. Muwonge. 

La 48ème Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire se tiendra à Guadalajara (Mexique), du 11 au 14 octobre. Les inscriptions à la conférence s’effectuent depuis cette page.

Actualités