Deux études présentées à la Conférence mondiale de L’Union soulignent l’importance de la thérapie préventive pour lutter contre la tuberculose et le VIH

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, L’Union souligne l’importance du traitement préventif pour lutter contre la tuberculose et le VIH, comme l’attestent deux études présentées à la 49ème Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire organisée à La Haye (Pays-Bas). Le traitement préventif à l’isoniazide (TPI) est une intervention vitale qui vise à prévenir le développement de la tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH.

Une étude sur la mise en œuvre de la phase initiale du TPI chez des personnes vivant avec le VIH au Malawi a permis de démontrer l’efficacité du traitement, un constat qui va dans le sens de la décision prise par les autorités sanitaires fin 2017 d’étendre le TPI aux cinq districts du pays les plus touchés par la tuberculose et le VIH.

Dans le Rapport 2018 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, le Malawi figure parmi les vingt pays les plus touchés par la co-infection TB/VIH, près de la moitié des patients atteints de tuberculose étant également infectés par le VIH. Les auteurs de l’étude ont réalisé une enquête en grappes en deux étapes afin de mesurer la fréquence et la pertinence temporelle de la prise du TPI en phase initiale dans le cadre d’un programme.

L’étude a porté sur un échantillon de 271 personnes vivant avec le VIH qui n’avaient jamais reçu de traitement. La prise globale pondérée du traitement chez les patients était de 70 %, dont 82 % poursuivaient le TPI lors de leur consultation de suivi.

Lors de la présentation des résultats, le Dr Laurence Gunde, des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies de Lilongwe (Malawi), a souligné l’excellente pertinence temporelle des évaluations précoces et du traitement de la tuberculose. Au total, 96 % des patients ont entamé une thérapie antirétrovirale (TAR) dans la semaine qui a suivi le diagnostic du VIH, et 91 % des TPI ont été mis en place le jour même où les patients démarraient leur TAR.

« Ces résultats démontrent une nette intensification du TPI à la phase initiale parmi les personnes vivant avec le VIH qui n’avaient jamais reçu de traitement au Malawi. Ces résultats pourraient servir de modèle à d’autres programmes nationaux analogues. Le Malawi souligne également l’utilité de l’évaluation précoce, car ce type d’évaluation peut conduire à des interventions rapides permettant d’améliorer la qualité ses soins », a expliqué le Dr Laurence Gunde.

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Dans une seconde étude, des chercheurs ont montré que 99 % des participants bénéficiant d’un TPI dans cinq centres de soins contre le VIH au eSwatini (anciennement Swaziland) ont déclaré que le fait de pouvoir choisir le mode d’administration de leur traitement était un élément important.

Cette étude de cohorte prospective visait à établir un modèle efficace pour l’administration du TPI en tenant compte des préférences des patients. Les participants avaient le choix de suivre leur traitement en milieu hospitalier ou extrahospitalier. En outre, le TPI a été associé à la mise en place de la thérapie antirétrovirale, et les travailleurs de la santé ont été formés aux techniques d’entretien motivationnel afin d’évaluer le souhait des patients et les éléments susceptibles d’influer sur leur comportement.

Bien que la majorité des patients ait opté pour le traitement en milieu hospitalier (méthode habituelle pour l’administration du traitement), les patients ont déclaré que le fait d’avoir le choix influait de façon positive sur leur motivation à suivre le traitement jusqu’à son terme. Le fait de pouvoir choisir entre les deux modes d’administration a été particulièrement bénéfique pour les participants vivant en milieu rural car cela a permis d’améliorer leur accès au traitement et de réduire la durée de leurs déplacements.

Il ressort également de cette étude que 95 % des participants ont révélé à leurs amis ou à leur famille qu’ils suivaient un traitement préventif contre la tuberculose dans le cadre d’une étude.

Suite à la publication de ces données, la prochaine étape sera d’étendre la stratégie à l’ensemble du pays et de créer une série d’outils sur le TPI pour faciliter la distribution des médicaments et la participation des établissements.

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