« Les paysages changeants du Myanmar me font vibrer, tout comme les opportunités que nous avons pour faire changer les choses »

« Les paysages changeants du Myanmar me font vibrer, tout comme les opportunités que nous avons pour faire changer les choses »

La Directrice adjointe de L’Union au Myanmar, Charlotte O’Sullivan, a adopté une attitude positive pour faire face aux changements qui interviennent constamment au Myanmar : « Nous devons faire preuve de créativité pour améliorer l’efficacité de nos opérations et répondre aux besoins sans cesse changeants de la communauté et des programmes nationaux.

Nos priorités sont dictées au jour le jour par les besoins des programmes, et cela peut nous amener à travailler en réseau avec les donateurs pour constamment améliorer nos activités, à rencontrer les responsables du gouvernement pour évoquer certaines problématiques, ou à soumettre un service de soutien à un arbre logique pour refondre un processus.

« Au Myanmar, il faut toujours être sur le qui-vive pour pouvoir faire face aux fréquentes interruptions et aux changements d’orientation. »

Le bureau de L’Union au Myanmar travaille en étroite collaboration avec le Ministère de la santé et des sports depuis près de 15 ans, apportant une aide essentielle en matière de lutte contre la tuberculose et le VIH grâce à son Programme de soins intégrés contre le VIH (Programme IHC) et à d’autres projets. À l’heure actuelle, L'Union travaille dans 48 districts répartis dans cinq régions et cinq États du pays, touchant environ 15 % de la population du Myanmar, qui compte 55 millions d'habitants.

Charlotte a rejoint L’Union en novembre 2017, et si elle est relativement nouvelle dans l’organisation, elle ne manque pas d’expérience au Myanmar : « Je participe au développement des services de santé dans le pays depuis plus de 20 ans en touchant à de nombreux domaines, notamment la santé reproductive, la nutrition, la santé de la mère et de l’enfant, le renforcement des systèmes de santé, la tuberculose et le VIH. 

« J’ai joué un rôle clé dans les interventions d'urgence et de réparation consécutives au Cyclone Nargis dans le delta d’Ayeyarwady. J'ai travaillé aux côtés d'acteurs de la santé issus du gouvernement, du secteur privé et d'organisations non gouvernementales pour déployer une intervention intégrée ciblant la santé et les moyens de subsistance dans quatre districts. » Le cyclone Nargis a frappé le Myanmar en mai 2008. Classé cyclone de catégorie 3, Nargis a été la catastrophe naturelle la plus dévastatrice de l’histoire du Myanmar, tuant plus de 140 000 personnes.

Aujourd’hui, le travail de Charlotte est davantage centré sur la tuberculose et le VIH, et comme elle l’explique, l’interaction entre les dispositifs de soutien à ces deux comorbidités a été bénéfique au Myanmar : « Grâce à la collaboration étroite entre les programmes respectifs de lutte contre la tuberculose et le VIH, 98,8 % des patients tuberculeux ont subi un dépistage pour le VIH et 95,8 % des patients séropositifs ont subi un dépistage pour la tuberculose. C'est cette collaboration entre les départements tuberculose et VIH, associée au solide réseau constitué d’agents et de bénévoles locaux, qui a permis à L'Union d'avoir un impact de grande envergure dans le pays. »

Un impact confirmé par les statistiques, puisque plus de 31 000 personnes séropositives reçoivent un TAR grâce au soutien de L'Union. Toujours selon les chiffres, en juin 2019, plus de 6 200 personnes avaient été diagnostiquées positives à la tuberculose puis orientées vers un traitement, et plus de 1 500 personnes atteintes de tuberculose multirésistante (TB-MR) avaient bénéficié d'un soutien et d'une assistance supplémentaires de la part de L'Union.

En 2019, pour la plus grande joie de Charlotte, le bureau de L'Union au Myanmar a commencé à proposer des activités de prévention du VIH. À ce stade, la prévention était devenue un objectif essentiel du plan stratégique national et, pour y répondre, le programme IHC de L'Union a déployé des activités de prévention du VIH dans quatorze districts répartis dans trois régions et un État, en ciblant les couples sérodiscordants.

L’engagement de Charlotte dans le domaine de la santé découle d'abord de son éducation aux États-Unis : « J’ai commencé à me passionner pour les questions de santé lors de mes années d’étude à l’université, lorsque je militais en faveur de des services de santé reproductive et de planning familial dans les communautés rurales du Texas. »

Cet intérêt s’est depuis élargi pour s’appliquer aux organisations qui soutiennent les communautés vulnérables au Myanmar : «Je m'intéresse de près au secteur privé et je soutiens les travaux axés sur l'entrepreneuriat féminin ou l'autonomisation des femmes au Myanmar. L’une des organisations que je soutiens le plus au Myanmar est Girl Determined, qui accomplit un travail remarquable auprès des adolescentes dans les communautés à risque. »

Charlotte est bien consciente des problèmes d’inefficacité dans le secteur public au Myanmar et du sentiment général selon lequel le changement sera lent. « L'un des plus grands défis inhérents au traitement des personnes atteintes de la tuberculose et du VIH est lié au manque de ressources humaines. À cet égard, L’Union a eu un impact réel. Nous avons comblé des vides critiques dans les programmes nationaux en recrutant des collaborateurs de haut niveau. À eux seuls, ces recrutements ont été importants pour redonner espoir aux communautés et inspirer confiance dans le travail de L'Union.

« L’Union forme des chefs de file locaux dans le domaine de la santé, qui peuvent être des moteurs de changement et contribuer à renforcer les capacités nationales. Je suis fière que L'Union participe étroitement à l'élaboration de la stratégie nationale et qu’elle soit devenue un partenaire de premier plan du Fonds mondial au Myanmar. »

Côté personnel, Charlotte adore passer du temps sur le terrain, ce qu’elle aimerait avoir l'occasion de faire plus souvent : « Chaque déplacement sur site est une source de motivation, car le travail de nos collègues sur le terrain est extrêmement stimulant. Malgré les difficultés, ils restent toujours incroyablement positifs et dynamiques. »

Charlotte a un dicton qu’elle affectionne tout particulièrement et dans lequel elle et son équipe puisent leur motivation : « La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute. » Cette résilience et cette capacité innée à s’adapter au changement sont des traits de caractère qui ont toujours défini Charlotte, comme l’illustre cette anecdote : « Je suis une photographe avertie, mais ce n’était pas un talent inné. Enfant, j’étais plutôt douée pour la musique, car je compensais peut-être mes problèmes de vue par une bonne oreille. Après avoir obtenu mon diplôme universitaire, j’ai dû me faire opérer des yeux car je souffrais de myopie forte. Ensuite, l’appareil photo a remplacé la clarinette ! » 

Une capacité d’adaptation qui a aidé Charlotte à embrasser le changement dans son pays d’adoption : « Les paysages changeants du Myanmar me font vibrer, tout comme les opportunités que nous avons pour faire changer les choses », conclut-elle.

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