Le Parlement arménien adopte une nouvelle loi antitabac

L'Union félicite le Parlement arménien qui a voté, le 11 février, en faveur d'une loi antitabac exhaustive. Parmi ses principales mesures, cette loi promulgue l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics fermés (cafés et restaurants), sur les lieux de travail et dans les transports publics. Elle prévoit également une interdiction totale de la publicité, du parrainage et de la promotion en faveur des produits du tabac et rend obligatoire l'utilisation d'emballages neutres. Mais au-delà des mesures précitées, cette loi impose des amendes sévères en cas d’infraction.

L'Arménie faisait figure d’anomalie dans la région du Caucase du Sud, car contrairement aux pays voisins, elle n'avait pas réussi à obtenir de soutien politique significatif dans l’élaboration et la mise en œuvre de mesures antitabac.  Par exemple, une loi de 2005 avait interdit le tabagisme dans les hôpitaux, les écoles et les institutions culturelles, avec des restrictions supplémentaires votées en 2006, mais cette loi s'était avérée inefficace en l'absence de sanctions juridiques spécifiques. Le gouvernement arménien a également tenté de réglementer le tabac en 2017, mais la loi n'est jamais entrée en vigueur.

« Cette nouvelle loi est extrêmement importante », a déclaré le Directeur du Département Contrôle du tabac de L'Union, Dr Gan Quan. « L'épidémie de tabagisme en Arménie nous préoccupe beaucoup et depuis longtemps, et nous pensons que cette nouvelle loi peut contribuer à impulser le changement de paradigme qui s’impose. »

À l’heure actuelle, plus de 50 % des hommes arméniens fument régulièrement, et le pays compte le deuxième plus grand nombre de fumeurs masculins dans la région Europe de l'Organisation mondiale de la Santé. L’incidence élevée du cancer du poumon n’est guère surprenante en Arménie, et ce n’est pas un hasard si, selon le Ministre arménien de la santé Arsen Torosyan, ce pays est souvent comparé à un « cendrier ».

M. Torosyan, promu Ministre de la santé en 2018, a vigoureusement soutenu cette loi, critiquant avec courage ses opposants. Celle-ci a été promulguée à l’Assemblée nationale arménienne en décembre 2019, avec une majorité de 83 voix pour et 15 contre. Lors des débats parlementaires du mois de février, l’adjointe de M. Torosyan, le Dr Lena Nanushyan, a réaffirmé l’urgence de cette loi, notant que « le tabagisme est responsable de 10 % des décès chaque année en Arménie, ce qui est un pourcentage considérable ».

L'interdiction de fumer dans les lieux publics fermés entrera en vigueur en mars 2022. Les contrevenants encourront des amendes allant de 50 000 drams (105 USD) à 200 000 drams (418 USD).

Durant la période précédant l’entrée en vigueur de cette loi, l'Union continuera de soutenir le Ministère de la santé et d'autres partenaires, qui ne manqueront pas de se heurter à une forte opposition de l'industrie du tabac.

« L’Histoire nous enseigne que nous n’avons pas le temps d’être complaisants », prévient le Dr. Gan Quan. « L'Arménie a fait un pas important, mais les défenseurs de la lutte antitabac doivent rester sur le qui-vive en surveillant les ingérences privées susceptibles d’entraver les progrès. »

 

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