À la veille de la première Réunion de haut niveau des Nations Unies, L’Union sensibilise des parlementaires à l'impact de la tuberculose infantile lors d'une visite en Ouganda

Du 6 au 8 août dernier, une délégation parlementaire accueillie par L’Union en coordination avec le Global TB Caucus et d'autres partenaires a visité des districts ougandais mettant en œuvre le projet DETECT Child Tuberculosis (TB). Cette initiative montre comment les gouvernements et leurs partenaires peuvent améliorer considérablement la prévention, le diagnostic et le traitement de la tuberculose chez l’enfant. La délégation a mis en évidence la nécessité absolue de porter l’attention politique sur l'impact dévastateur de la tuberculose infantile, à l'approche de la première Réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose qui se déroulera à New York le 26 septembre prochain.

Les meilleures données disponibles montrent que près d'un million d’enfants de moins de 15 ans tombent malades de la tuberculose chaque année. 239 000 d’entre eux en meurent, soit près d'un sur quatre. Les enfants atteints de tuberculose meurent rarement lorsqu’ils reçoivent le traitement de référence pour cette maladie, mais 90 % des enfants malades dans le monde n’en bénéficient pas, au préjudice systématique du droit à la santé des enfants.

La délégation était composée de neuf parlementaires originaires de cinq pays*, tous membres du Global TB Caucus, un groupe de plus de 2 300 parlementaires engagés à mettre un terme à la tuberculose. Le groupe a visité le district de Bunyangabu en Ouganda afin d'obtenir un aperçu général de la tuberculose infantile dans la région. S’en est suivie une visite sur le terrain au centre de soins Kibito Health Centre IV afin d’observer le dépistage, le diagnostic et le traitement de la tuberculose infantile. Le voyage s’est conclu par une séance d’information animée par le Dr Turyahabwe Stavia, Commissaire assistant pour la tuberculose au sein du Programme national de lutte contre la lèpre et la tuberculose (NTLP), et le Dr Mooring Sekadde, Coordinateur en charge de la tuberculose infantile (NTLP).

Au terme de la visite, les parlementaires participants ont appelé les dirigeants mondiaux à reconnaître le danger que pose la tuberculose infantile et à mettre en œuvre des interventions permettant d’identifier et de traiter les cas manqués et de prévenir la tuberculose chez les enfants qui ont été exposés à des adultes vivant avec la maladie. Dans une déclaration, le député ougandais Joel Ssebikaali, a souligné une nouvelle fois l'urgence « d'améliorer l'identification des cas, le traitement et la prévention de la tuberculose infantile » en Ouganda où la moitié de la population a moins de 15 ans.

En outre, les membres de la délégation ont appelé tous les chefs d’État africains à assister à la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose et à honorer les engagements nécessaires pour mettre un terme à l’épidémie de tuberculose. Depuis que l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré pour la première fois la tuberculose comme Urgence de santé mondiale en 1993, pas moins de 50 millions de personnes en sont décédées. La tuberculose est aussi devenue la première cause de mortalité infectieuse dans le monde. L’une des actions prioritaires essentielles attendues de la Réunion de haut niveau des Nations Unies est un engagement des chefs d’État à ce que 3,5 millions d’enfants atteints de tuberculose reçoivent un traitement et que 4 millions d’enfants bénéficient d'une prévention de la tuberculose d'ici à 2022, dans le cadre de l’intégration de la tuberculose infantile dans le programme mondial pour la survie de l’enfant.

« L’Ouganda est la preuve même que nous pouvons réaliser des progrès considérables dans la lutte contre la tuberculose infantile. Notre objectif est d'identifier et de traiter tous les enfants atteints de tuberculose et de prévenir cette maladie chez tout enfant exposé à un adulte qui en est touché », a déclaré John Paul Dongo, Directeur du Bureau national de L’Union en Ouganda.

« Mettre fin à l’épidémie de tuberculose chez les enfants exige une nouvelle ère d’engagement politique aux plus hauts niveaux de l’État. Il est encourageant de constater que d'éminents parlementaires soutiennent des programmes jouant un rôle essentiel dans l'éradication de la tuberculose infantile », a souligné Paul Jensen, Directeur des politiques et de la stratégie au sein de L’Union.

Dans une déclaration aux médias faisant suite à la visite, Mme Jane Ruth Aceng, Ministre de la Santé d’Ouganda, a indiqué que le modèle DETECT TB devrait être adopté parmi les interventions essentielles visant à mettre un terme à la tuberculose dans le pays. L'intégralité de sa déclaration est parue dans le journal New Vision du 15 août 2018.

*Les parlementaires ayant pris part à la délégation étaient : M. Joel Ssebikaali (Ouganda) ; M. Edward Ssembatya (Ouganda) ; M. Fred Baseke (Ouganda) ; M. Michael Iga Bukenya (Ouganda) ; Mme Beatrice Rwakimari (Ouganda) ; M. Moshoeshoe Fako (Lesotho), Mme Zaynab Vulu (Tanzanie), M. Mark Botomani (Malawi), et Mme Elma Dienda (Namibie).

L’Union tient à témoigner sa reconnaissance à ses partenaires en Ouganda pour leur soutien à l’organisation de la délégation parlementaire : The Global TB Caucus ; Uganda TB Caucus ; le Gouvernement de l’Ouganda ; et le Partenariat Halte à la tuberculose en Ouganda (Stop TB Partnership Uganda). L’Union remercie le Dr Jeffrey Starke et le Dr Joan Shook pour l'aide financière qu'ils ont apportée à la délégation.

Lire le rapport de L’Union : Une épidémie silencieuse : appel à agir contre la tuberculose infantile

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