La collaboration de L’Union avec le Bélarus, l'Afrique du Sud et le Viet Nam permet de partager les expériences et de promouvoir un changement rapide des politiques

La collaboration de L’Union avec le Bélarus, l'Afrique du Sud et le Viet Nam permet de partager les expériences et de promouvoir un changement rapide des politiques : défis et opportunités de la traduction des directives internationales en plans stratégiques nationaux pour le traitement de la tuberculose.

Un article récemment publié par PLOS s'appuie sur l'expérience de trois pays différents pour examiner la façon dont les directives sur le traitement de la tuberculose peuvent se traduire en plans stratégiques nationaux. Il s’intitule Advances in clinical trial design for development of new TB treatments—Translating international TB treatment guidelines into national strategic plans: Experiences from Belarus, South Africa, and Viet Nam (Progrès dans la conception d'essais cliniques pour l'élaboration de nouveaux traitements de la tuberculose - Traduction des directives internationales sur le traitement antituberculeux en plans stratégiques nationaux : l'expérience du Bélarus, de l'Afrique du Sud et du Viet Nam) et sa rédaction a été coordonnée par le Dr Grania Brigden, Directrice du Département Tuberculose de L'Union.

Dans cet article, les études de cas des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose (PNT) de trois pays à forte charge de morbidité décrivent les expériences nationales d’application des récentes directives de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la bédaquiline et les schémas thérapeutiques standardisés plus courts contre la tuberculose multirésistante (TB-MR). Ces études de cas illustrent comment différents pays abordent la mise en œuvre de nouvelles politiques et de nouveaux médicaments pour le traitement antituberculeux. Elles mettent également en évidence certains des défis généralisés auxquels les PNT ont dû faire face dans les pays fortement touchés par la maladie. Par exemple, l'analyse démontre la complexité du processus d'adoption et de développement de l’utilisation de la bédaquiline, qui implique plusieurs organismes. En effet, il est susceptible d’être retardé par des processus éthiques, réglementaires et de surveillance, et nécessite souvent l’exécution de projets pilotes avant sa mise en œuvre à l’échelle nationale.

La comparaison des différents contextes suggère que la collaboration intergouvernementale, ainsi que l'adoption et la mise en œuvre de nouvelles lignes directrices sont facilitées lorsque la tuberculose est placée en tête de l'agenda politique. Le Bélarus, l'Afrique du Sud et le Viet Nam ont bénéficié d'un niveau élevé d'engagement politique dans la lutte contre cette maladie. Ils figurent parmi les premiers pays à généraliser l'utilisation des nouveaux médicaments et du schéma thérapeutique standardisé de courte durée.

Le succès de l’application à plus grande échelle des directives de l'OMS dépend également de la disponibilité de procédures et d’outils élaborés par les PNT pour la mise en œuvre des nouveaux médicaments et traitements contre la TB-MR. Avec des programmes renforcés, les PNT peuvent générer des données permettant de déterminer si les thérapies qui sont efficaces lors des essais cliniques le seront aussi pour les populations qui en ont le plus besoin. Il est ensuite possible de transmettre ces informations à l'OMS afin de contribuer au renforcement des futures directives.

Récemment, le rythme des nouvelles avancées en matière de diagnostic, de traitement, de soins, de soutien et de prévention de la tuberculose s’est accéléré, avec pour corollaire l'augmentation du nombre de révisions des directives de l'OMS, et cette tendance va se poursuivre. Les PNT jouent un rôle clé dans la mise à jour régulière des politiques nationales ou des directives techniques. Ils permettent également de garantir l’impact de ces progrès sur la qualité des soins aux personnes atteintes de tuberculose.

Toutefois, en raison de cette évolution rapide, conjuguée à d'autres obstacles à l'adoption de directives internationales en matière de traitement, un certain nombre de ces nouvelles politiques n'ont pas été appliquées par les programmes nationaux, ou elles n’ont été que partiellement mise en œuvre.

Les auteurs soulignent que le nombre élevé de médicaments et de traitements antituberculeux en cours d’élaboration nécessite que les PNT s'adaptent en intégrant une culture du changement. Les pays doivent soutenir leur PNT dans ce processus. En outre, toutes les parties prenantes doivent favoriser cette approche du changement, y compris les bailleurs de fonds internationaux et les organismes nationaux de financement et de réglementation, avec la mise à disposition de fonds et un appui politique afin que les PNT puissent examiner et adopter avec succès les meilleures normes de prise en charge des personnes atteintes de tuberculose.

Le Dr Norbert Ndjeka, Directeur de la Division Tuberculose pharmacorésistante, Tuberculose et VIH au sein du Ministère sud-africain de la santé, a déclaré : « J'appelle les PNT à mettre en œuvre la politique de l'OMS en matière de tuberculose pharmacorésistante et à envisager sérieusement des projets de recherche opérationnelle qui appuieront leurs propres processus décisionnels programmatiques, tout en contribuant à renforcer les connaissances mondiales sur cette forme de la maladie. Les questions qui restent sans réponse sont encore nombreuses. »

La question de l'« état de préparation des pays », qui est liée au niveau d'efficacité avec lequel les pouvoirs publics sont prêts à intégrer les nouveaux outils issus de la recherche-développement sur la tuberculose, a été abordée récemment par Paul Jenson dans son rapport : Réflexions suite à l'Assemblée générale de l'ONU et à la réunion de haut niveau sur la couverture sanitaire universelle. Il y affirme : « Si les pays veulent tirer le meilleur parti des traitements raccourcis, des diagnostics améliorés ou même d'un nouveau vaccin, il est essentiel d'effectuer en amont un travail de préparation. »

Publié la semaine dernière, le Rapport 2019 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde a mis en évidence les chiffres suivants pour 2018 :

  • 484 000 personnes ont contracté une tuberculose résistante à la rifampicine (TB-RR) et 78 % d'entre elles étaient atteintes de TB-MR.
  • 187 000 cas de TB-MR/RR ont été détectés et comptabilisés en 2018. Sur ce nombre, 156 000 patients inscrits ont commencé un traitement de deuxième intention.
  • Le taux de réussite du traitement de la TB-MR/RR est de 56 %.

 


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