Journée mondiale sans tabac : L’Union Brésil dévoile les résultats d’une étude qui fera date

À l’occasion de la journée mondiale sans tabac, le 31 mai 2019, ont été publiés les résultats d’une nouvelle étude indiquant que les mesures de lutte antitabac prises par les autorités brésiliennes auraient contribué à réduire de manière significative la mortalité infantile et néonatale au cours des 20 dernières années. En outre, il a été estimé que si toutes les législations antitabac adoptées depuis 2004 avaient été intégrales et non partielles, 10 091 décès de nourrissons supplémentaires auraient pu être évités au Brésil.

Cette étude, intitulée Smoke-free legislation and neonatal and infant mortality in Brazil : a longitudinal quasi-experimental study (Législation antitabac et mortalité néonatale et infantile au Brésil : une étude longitudinale quasi expérimentale), a été publiée dans la revue Tobacco Control du BMJ. Cristiane Vianna, représentante de l'Union au Brésil, est l'une des auteurs de l'étude. Elle a également pris la parole à la manifestation organisée par l'Institut brésilien contre le cancer (INCA) lors de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai 2019. L’INCA fait partie des bénéficiaires des subventions versées par L’Union dans la région Amérique latine au titre de la lutte antitabac.

Considéré comme l’un des principaux acteurs mondiaux de la lutte antitabac, le Brésil a renforcé sa législation antitabac de manière progressive en l’étendant peu à peu à l’ensemble de ses États et municipalités, avant de promulguer une loi fédérale intégrale en 2014. L'étude s’est appuyée sur cet exemple unique de mise en application progressive d’une législation pour comparer les effets respectifs des restrictions partielles et intégrales dans l’ensemble des municipalités brésiliennes, de janvier 2000 à décembre 2016. La législation antitabac intégrale interdit de fumer dans les lieux publics fermés et réduit par conséquent le tabagisme passif.

Dans ce contexte, l’étude a examiné l’évolution de la mortalité néonatale et infantile parallèlement au renforcement de la législation antitabac au Brésil sur la période en question. Il s'agit ni plus ni moins de la première étude à analyser les effets d’une législation antitabac sur la mortalité infantile et néonatale dans un pays à faible et moyen revenu. Les résultats indiquent que l'entrée en vigueur de la législation s'est accompagnée de baisses significatives et importantes des taux de mortalité néonatale et infantile. L’application de la législation antitabac partielle a été assortie d’une première réduction de 3,3 % du taux de mortalité infantile au niveau des municipalités. L’application de la législation antitabac intégrale a entraîné une seconde baisse respective de 5,2 % et de 3,4 % de la mortalité infantile et néonatale, avec à la clé une diminution annuelle de 0,36 % de la mortalité infantile. Des résultats qui s’inscrivent dans la lignée des études déjà menées sur ce sujet dans des pays à revenu élevé.

Avant cette étude, il existait peu de données factuelles attestant que l’application d'une législation antitabac pouvait contribuer à la réalisation de l'Objectif de développement durable (ODD) relatif à la réduction de la mortalité néonatale dans les pays à faible et moyen revenu. Dans ces pays, les taux de tabagisme et le tabagisme passif sont souvent élevés, et la mise en œuvre des politiques antitabac peut laisser à désirer. Un tiers des pays à faible et moyen revenu ne devraient pas atteindre les cibles fixées par les ODD en ce qui concerne la mortalité néonatale. Par ailleurs, les études précédentes n'avaient pas comparé les effets bénéfiques pour la santé induits respectivement par des législations antitabac partielle et intégrale. Un détail important puisque seulement 20 % de la population mondiale bénéficie d’une législation antitabac intégrale.

Cette étude pourrait donc avoir des répercussions évidentes sur les mesures de lutte antitabac déployées dans d’autres pays, mesures ayant un rôle important à jouer dans les politiques nécessaires en vue d’atteindre les cibles de santé infantile fixées par l’ODD3. Les mesures de lutte contre le tabagisme – qu’il s’agisse des lois antitabac, de l'augmentation des taxes d’accise ou de l'interdiction de la publicité et de la promotion en faveur du tabac – sont soit sans incidence financière, soit génératrices de recettes. La seule condition nécessaire à leur bonne mise en œuvre est donc la présence d’une volonté politique.

L'Union soutient la lutte antitabac au Brésil depuis plus de dix ans. Elle a aidé l'INCA et la Fondation Oswaldo Cruz (Fiocruz) à mener à bien une réforme majeure de la politique nationale de lutte antitabac qui a entraîné une baisse du taux de tabagisme chez les adultes, hissant le pays parmi les principaux acteurs régionaux en matière de lutte antitabac.

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