Journée mondiale du diabète : L’Union poursuit son action pour vaincre cette menace mondiale en pleine expansion

Pour célébrer la Journée mondiale du diabète, nous souhaitons présenter le projet pilote de lutte contre la tuberculose et le diabète sucré que nous menons à Kampala (Ouganda) et aussi sensibiliser à la menace croissante que représente la co-épidémie de TB-diabète.

Le nombre de personnes diabétiques à travers le monde est passé de 108 millions en 1980 à 422 millions en 2014. Par ailleurs, on estime qu’environ une personne sur sept atteinte de tuberculose est également diabétique. Le traitement – et le diagnostic précis – des patients touchés par ces deux maladies peuvent s’avérer difficiles, notamment dans les pays à faible et moyen revenu.

En partenariat avec le programme de lutte contre les maladies non transmissibles du Ministère ougandais de la santé, le Programme ougandais de lutte contre la tuberculose et l’Autorité de la capitale Kampala, L’Union met en œuvre depuis janvier 2016 à Kampala un projet pilote de lutte contre la tuberculose et le diabète sucré.

Le projet propose des services de dépistage du diabète ainsi que les soins appropriés dans dix districts de la ville où les taux de diabète sont élevés et où les facteurs de risque pour le diabète liés au mode de vie sont prégnants. Tous les patients diagnostiqués positifs à la tuberculose, notamment les enfants, sont soumis à des tests de dépistage du diabète dans les établissements qui participent au projet.

Le Dr Joseph Nsonga, de L’Union, a joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre et le déroulement du projet, le premier du genre dans le pays.

« Avant la mise en place de ce projet, le dépistage du diabète était tout simplement inexistant. Dans le cadre de l’étude, nous examinons les patients diabétiques, les médicaments utilisés et les interactions avec les antituberculeux. Cette étude devrait nous permettre de mieux comprendre la prévalence de la maladie en Ouganda et de mieux déterminer les traitements nécessaires », explique-t-il.

En 18 mois, le projet a permis de soumettre 2 879 patients atteints de tuberculose à un dépistage du diabète sucré, parmi lesquels 64 ont été diagnostiqués positifs et ont ainsi pu bénéficier de soins réguliers.

Noah Waigolo, infirmier général au dispensaire de santé de Kawaala à Kampala, qui participe au projet, a déclaré :

« Le dépistage du diabète est important car, auparavant, seuls le VIH et la tuberculose étaient dépistés, et les patients pouvaient recevoir des soins pour ces deux maladies sans pour autant répondre correctement au traitement en raison d’un diabète sous-jacent. »

« Maintenant, nous réalisons un dépistage systématique du diabète chez tous les patients susceptibles d’être également atteints de tuberculose. Nous effectuons un test sanguin dès la première consultation et, si le taux de glycémie est élevé, nous procédons à un nouveau test à jeun. »

« Au bout de deux semaines, nous effectuons un nouveau test pour confirmer le diagnostic. Nous consultons ensuite les cliniciens et fournissons des conseils et un traitement symptomatique, ainsi que les médicaments nécessaires. »

M. Waigolo explique que la relation avec les patients est une composante importante du projet pour les informer sur leur maladie.

« Le diabète est une affection douloureuse, il est important que nous comprenions ce que ressent le patient et l’état dans lequel il se trouve. En aidant ces personnes, nous devenons proches, comme des frères et des sœurs », confie-t-il.

Il explique que les anciens patients deviennent des alliés pour informer les malades, en retournant dans leur communauté pour les aider à comprendre leur maladie et les encourager à aller se faire soigner.

M. Waigolo est optimiste quant au projet : « Je suis heureux que nous puissions porter la lutte contre la TB-diabète au même niveau que celui de la TB-VIH. »

Alone Lubwama est un agriculteur de 34 ans installé dans le district de Kawaala. Après avoir été soigné et guéri de la tuberculose, les symptômes de la maladie sont réapparus en juillet de cette année.

« J’étais trop faible pour me rendre seul au dispensaire, si bien qu’un ami a dû m’y accompagner », confie-t-il.

Au dispensaire de Kawaala, le nouveau programme de dépistage a permis de lui diagnostiquer une TB-diabète avec une hyperglycémie, et il reçoit désormais un traitement contre cette double infection.

« Je n’étais pas inquiet lorsque l’on m’a diagnostiqué un diabète à Kawaala, parce que j’avais déjà été traité contre la tuberculose dans cet établissement », explique-t-il.

Sa maladie l’a affaibli et l’empêche de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Ses récoltes sont mauvaises, ses dettes s’accumulent et ses enfants ne peuvent pas aller à l’école ce trimestre, faute d’argent.

« La maladie m’a considérablement affecté et affaibli. Je m’inquiète de ne pas pouvoir travailler ou apporter mes récoltes au marché et aussi de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de ma famille, l’argent est une préoccupation constante. Le projet m’a beaucoup aidé, en me fournissant un soutien et des médicaments gratuitement », confie-t-il.

La pauvreté est un facteur déterminant pour des maladies comme la tuberculose et le diabète. La prise en charge du diabète nécessite un changement d’alimentation que de nombreux patients dans les pays à faible et moyen revenu ne peuvent se permettre. La pauvreté et la maladie, comme la tuberculose et le diabète, sont souvent intimement liées, mais les projets comme le programme sur la TB-diabète permettent de défaire cette corrélation en fournissant un soutien, des services d’éducation et un traitement.

D’après le Dr Joseph Nsonga, le projet pilote devrait fournir de précieuses informations sur le traitement de la TB-diabète et continuer à sauver des vies.

« Grâce à la formation, à l’éducation et au dépistage du diabète, nous parvenons aujourd’hui à recenser les patients qui demeuraient autrefois non détectés et qui seraient peut-être décédés. Nous réussissons également à comprendre le processus qui mène d’une maladie à l’autre. Un patient dont nous savons qu’il est infecté par la tuberculose peut développer un diabète (et vice versa). Désormais, nous pouvons étudier et comprendre la relation entre ces maladies, les prévenir et les traiter efficacement. »

« Nous recueillons des données et observons comment les patients réagissent au traitement, ce qui nous permettra à l’avenir de perfectionner notre approche de la TB-diabète », conclut le Dr Nsonga.

 

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