Journée mondiale de la pneumonie : À l’ère du développement durable, la mortalité infantile due à la pneumonie peut être évitée

À l’occasion de la Journée mondiale de la pneumonie, le 12 novembre 2017, L’Union s’unit aux autres membres du Forum international des sociétés de pneumologie et joint sa voix à celle des défenseurs de la santé partout à travers le monde pour sensibiliser à la pneumonie infantile et appeler à l’accroissement des investissements et à un engagement renouvelé en faveur de la santé des enfants. 

La pneumonie est la maladie infectieuse la plus meurtrière chez les enfants. En 2015, plus de 900 000 enfants de moins de cinq ans sont décédés d’une pneumonie, un total qui représente 16 % de l’ensemble des décès enregistrés pour cette tranche d’âge. Et pourtant, les traitements sont peu coûteux et rudimentaires, et les mesures qui permettent de prévenir cette infection respiratoire aiguë sont simples. L’alimentation au sein exclusive pendant les six premiers mois, une bonne nutrition, la vaccination et l’élimination des risques environnementaux, notamment la pollution de l’air par le tabac ou la fumée des biocombustibles, constituent des mesures préventives essentielles. 

D’après le dernier rapport annuel de l’Université Johns Hopkins sur l’incidence de la pneumonie et de la diarrhée dans le monde, 15 pays à faible et moyen revenu totalisent à eux seuls 70 % des décès dus à ces maladies infantiles. Les auteurs affirment que pour atteindre la cible 3.2 des Objectifs de développement durable – D’ici à 2030, éliminer les décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de 5 ans – il est urgent d’effectuer des investissements intelligents et de trouver des moyens novateurs pour lutter contre la pneumonie infantile. 

Alors que le monde est mobilisé autour de la réalisation des Objectifs de développement durable, de nouvelles données scientifiques sur la pneumonie infantile ont été présentées lors de la 48ème Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire, qui s’est tenue le mois dernier à Guadalajara (Mexique). L’accent a été mis sur les innovations en matière de diagnostic et de soins dans les pays à faible revenu. 

Ont notamment été présentés les résultats d’une étude menée au Malawi par l’École de médecine tropicale de Liverpool sur l’utilisation de fourneaux à combustion plus propres pour réduire la pollution de l’air à l’intérieur des habitations. Les résultats montrent que l’utilisation de ce type d’appareils n’a pas réduit les taux de pneumonie infantile. Les auteurs de l’étude estiment que les programmes visant à faciliter l’utilisation d’appareils de cuisson plus propres ne nécessitent pas de nouveaux investissements à l’heure actuelle, mais qu’ils devraient plutôt se concentrer sur des interventions dont l’efficacité a été prouvée. 

Il a été démontré que l’oxygénothérapie constitue une intervention salvatrice pour les personnes atteintes de pneumonie sévère, qui permet de réduire jusqu’à un tiers le taux de mortalité. Les bienfaits de l’oxygénothérapie sont connus depuis plus d’un siècle. Pourtant, des travaux réalisés par l’Université de Melbourne – présentés à Guadalajara – ont montré que moins de 10 % des patients dans les contextes à ressources limitées ont accès à l’oxygénothérapie. Dans de nombreux pays à faible revenu, l’oxygénothérapie ne demeure accessible que pour les patients qui en ont les moyens. 

L’Université Johns Hopkins a présenté des informations actualisées sur l’échographie pulmonaire en tant qu’outil de diagnostic prometteur pour le diagnostic des cas suspects de pneumonie infantile, notamment dans les pays à faible revenu, où les radiographies ne sont pas toujours disponibles. Les données disponibles indiquent que l’échographie pulmonaire peut constituer une solution de remplacement raisonnable à la radiographie pulmonaire, en plus de présenter des avantages supplémentaires comme l’absence de radiations, la facilité de transport et une utilisation rapide et facile à enseigner. 

Ces recherches montrent qu’en investissant davantage dans le diagnostic de la pneumonie infantile et en apportant des innovations à la prestation des soins, près d’un million d’enfants pourraient être sauvés chaque année. 

L’Union se joint aux défenseurs de la santé respiratoire à travers le monde pour réclamer un engagement continu dans ce travail essentiel. 

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