Jorge Laucirica : Nous travaillons sur des politiques au plus haut niveau, mais ces politiques améliorent profondément la qualité de vie des personnes, de leur famille et de leur entourage.

Jorge Laucirica : Nous travaillons sur des politiques au plus haut niveau, mais ces politiques améliorent profondément la qualité de vie des personnes, de leur famille et de leur entourage.

Jorge Laucirica est le conseiller technique de L’Union pour la lutte antitabac en Amérique latine. Basé au Bureau de L’Union Mexique, son action couvre plusieurs pays de la région : Argentine, Brésil, Chili, Mexique et Uruguay.

« Nous travaillons avec les pouvoirs publics et les organisations de la société civile à travers le continent dans le cadre de l’Initiative Bloomberg pour la réduction du tabagisme. Par conséquent, nous avons besoin d’avoir une connaissance approfondie des différents contextes politiques, financiers et culturels. Mon travail quotidien comprend toute une série d’activités techniques comme fournir des ressources et conseils d’expert pour mettre au point de nouvelles politiques de lutte antitabac ou encore aider à déterminer les recherches qui doivent être menées pour élaborer et promouvoir une législation solide », explique-t-il. « Pour favoriser les nouvelles politiques qui permettent de sauver des vies, il est essentiel d’établir de bonnes relations de travail avec les principales parties prenantes, qu’il s’agisse des décideurs politiques ou des organisations de la société civile présentes sur le terrain. Il est indispensable d’avoir une relation de confiance avec les parties prenantes, faute de quoi rien autre ne peut être réalisé ». 

Cette approche a porté ses fruits. M. Laucirica a été invité par le Gouvernement mexicain à rejoindre l’année dernière, en Inde, la délégation officielle du pays – en tant que représentant du Bureau de L’Union Mexique – lors de la Conférence des Parties à la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la réunion biennale des 180 Parties au traité. C’était une première pour une organisation de la société civile au Mexique et une reconnaissance de la force de L’Union en tant que partenaire crédible et fiable pour les pouvoirs publics, un rôle que L’Union s’est employée à développer au cours de la dernière décennie en apportant une assistance et un soutien constants dans le domaine de la lutte antitabac. 

L’accueil de la Conférence mondiale annuelle de L’Union sur la santé respiratoire constituera également une première pour le Mexique, la 48ème édition de la conférence devant se tenir à Guadalajara du 11 au 14 octobre. 

« Nous sommes heureux d’accueillir cette manifestation internationale au Mexique et serons ravis de présenter certains des atouts du pays, comme sa grande hospitalité, sa musique et sa gastronomie ! », ajoute-t-il. « La conférence est également l’occasion pour le Gouvernement mexicain d’obtenir d’importantes avancées en matière de réduction du tabagisme. Le Mexique ne dispose d’aucune législation nationale sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Par conséquent, un rassemblement international de spécialistes de la santé respiratoire est l’occasion idéale pour le Gouvernement mexicain de promouvoir cette loi de salubrité publique et de démontrer que la promotion de la santé physique et économique des citoyens constitue une priorité absolue ». 

« Dans les premières années de la lutte internationale contre le tabagisme, l’Amérique latine a enregistré des progrès rapides. Dans plusieurs pays, les dirigeants au plus haut niveau ont manifesté leur détermination à réduire le tabagisme. Et les gens ont accueilli favorablement les politiques proposées, comme l’interdiction totale de fumer dans les lieux publics ou l’interdiction de la publicité en faveur du tabac. Aujourd’hui, les choses sont plus compliquées. Il est difficile d’adopter et de mettre en œuvre les politiques qui ont fait leurs preuves ailleurs, comme l’augmentation des taxes sur le tabac, la mise en place de mécanismes de financement durable et la lutte contre l’ingérence de l’industrie du tabac dans l’élaboration des politiques. En outre, mobiliser le soutien de l’opinion publique en faveur de ces mesures n’est pas chose aisée ». 

Ces mesures sont difficiles à mettre en place car elles dépassent les compétences des ministères de la santé – censés être en première ligne dans la lutte antitabac – et nécessitent une politique globale pour pouvoir être élaborées et mises en œuvre efficacement. « De nombreux ministères ignorent les raisons pour lesquelles l’industrie du tabac requiert un traitement différent par rapport aux autres industries. Quant à la population, elle perçoit l’augmentation des taxes comme une mesure difficile à supporter et considère que l’industrie du tabac est trop puissante pour pouvoir être réellement combattue », explique M. Laucirica. Selon lui, il n’y a qu’une solution : « Pour continuer à progresser, nous devons élargir l’adhésion à notre cause et faire comprendre que la lutte antitabac est un élément essentiel de l’action gouvernementale et du développement durable ». 

Diplômé en communication, gestion d’entreprise et relations internationales, et docteur en communication interculturelle dans le domaine de la santé, M. Laucirica présente le profil adéquat pour relever ces défis. De plus, sa vaste expérience en tant que journaliste, lui confère les compétences linguistiques nécessaires pour transmettre efficacement ces messages complexes. Il a commencé à s’intéresser à la lutte antitabac à l’époque où il travaillait dans la presse, avant même la mise en place des premières politiques sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. 

« Rétrospectivement, je peux dire que mon intérêt pour la lutte antitabac remonte à l’époque où j’exerçais en tant que journaliste. Bien que non-fumeur, j’ai passé de longues heures dans des salles de rédaction complètement enfumées. J’ai été un gros fumeur passif pendant plus de dix ans », confie-t-il. « Ma réflexion sur la lutte antitabac a véritablement démarré lorsque j’ai commencé à réfléchir au droit à travailler dans un environnement sain, et je pense que cette réflexion est véritablement ancrée en moi. Nous travaillons sur des politiques au plus haut niveau, mais ces politiques améliorent profondément la qualité de vie des personnes, de leur famille et de leur entourage ».

Actualités