Il est possible d’éradiquer la TB avec les outils existants en pratiquant la recherche active de cas à l'échelle des communautés (étude du NEJM)

Dans un article intitulé Dépistage de la tuberculose à l'échelle d'une communauté dans un milieu à prévalence élevée (en anglais) publié hier dans le New England Journal of Medicine, des chercheurs ont montré qu'un dépistage annuel de la tuberculose effectué à l'échelle d'une communauté dans une zone endémique était plus efficace que le dépistage passif standard pour réduire la prévalence de la tuberculose. L'étude montre qu'en utilisant les outils existants et en accroissant rapidement et adéquatement les efforts, on peut faire reculer la maladie au taux nécessaire pour atteindre les objectifs ambitieux de lutte contre la tuberculose.

L'étude a été menée par une vaste équipe de chercheurs issus de diverses organisations, dirigée par le Président élu de L'Union, le Professeur Guy B. Marks. Cet essai contrôlé randomisé – le tout premier pour ce type d'intervention – portait sur les effets du dépistage annuel de la tuberculose chez tous les résidents adultes d'une communauté sur une période de trois ans. Les résultats ont montré une réduction de près de 50 % du nombre de personnes atteintes de tuberculose dans la communauté et une baisse de 50 % du nombre d'enfants (6 à 14 ans) présentant une infection tuberculeuse.

La recherche active de cas à l'échelle des communautés, ou dépistage de la tuberculose dans des communautés entières, vise à détecter et à traiter toutes les personnes atteintes de tuberculose dans une communauté et à enrayer la propagation de la maladie. Cette méthode présente plusieurs avantages : les patients n'ont pas besoin d'attendre l'apparition des symptômes pour aller se faire soigner, l'éventuelle faiblesse du système de santé ne constitue pas une barrière et le dépistage n'est pas limité à la minorité de cas qui font partie des groupes dits « à haut risque ». Ces trois limites sont présentes dans les approches actuellement employées pour lutter contre la tuberculose dans le monde : détection passive des cas (optimisation des services de diagnostic et de traitement pour les patients qui se présentent pour des soins après apparition des symptômes) et recherche active ciblée (dépistage de la tuberculose uniquement dans les groupes à haut risque).

L'étude a porté sur 100 000 personnes vivant dans une province du delta du Mékong (Viet Nam) à forte prévalence de tuberculose. Le dépistage comprenait le prélèvement d'expectorations à domicile et l'analyse de l'échantillon à l'aide d'un test moléculaire. L'étude a été réalisée en collaboration avec le Programme national de lutte contre la tuberculose du Viet Nam et a été financée par le Conseil national de la recherche médicale et sanitaire d'Australie.

 

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