« Faire partie de L’Union, c’est appartenir à un mouvement. Un mouvement dont la priorité est de faire progresser les solutions afin d'améliorer la santé des populations pauvres. »

« Je fais partie de L’Union depuis de nombreuses années. Cela signifie que je fais partie d’un réseau influent qui réunit des personnes talentueuses et passionnées autour d’un intérêt commun : celui d’élaborer des solutions pour combattre les inégalités dans le monde, afin que chacun puisse accéder à des traitements de base efficaces contre les maladies respiratoires », explique le Professeur Kevin Mortimer, Directeur du Département Santé respiratoire de L’Union.

Outre cette fonction, Kevin Mortimer enseigne la médecine respiratoire à l'École de médecine tropicale de Liverpool (LSTM) et intervient en tant que consultant honoraire à l'hôpital universitaire Aintree de la Fondation du NHS.

« J’ai la chance d’exercer un métier où il est rare de faire la même chose deux jours de suite », confie le Professeur à propos de son travail. « Je m’intéresse principalement aux projets de recherche relatifs à la santé respiratoire et à la tuberculose (TB) dans les pays à faible ou moyen revenu, notamment en Afrique subsaharienne. En parallèle, j'interviens en qualité de consultant en médecine respiratoire à l’hôpital Aintree de Liverpool et exerce des fonctions de direction, de recherche et d’enseignement à l’École de médecine tropicale de Liverpool et à L’Union. »

« Mon intérêt pour la médecine respiratoire remonte à l’époque où j’assistais de grands spécialistes de cette discipline à l’hôpital de Nottingham. J’ai réalisé qu'il existait de nombreuses façons d’améliorer la vie des patients atteints de maladies respiratoires et cela a été un déclic pour moi. »

Le Professeur Mortimer a ensuite obtenu un doctorat à l’Université de Nottingham avant d’y occuper un poste de chargé d’enseignement clinique. Il a pu ainsi continuer à s’intéresser aux essais cliniques et aux maladies respiratoires non transmissibles jusqu’en 2011, année qui le vit quitter la région des Midlands pour collaborer avec l’École de médecine tropicale de Liverpool et l’hôpital universitaire d’Aintree. Il est co-directeur adjoint de l'Unité de recherche en santé mondiale du NIHR (Institut national britannique de recherche en santé) sur la santé respiratoire et la tuberculose en Afrique, dans le cadre du programme IMPALA hébergé par la LSTM, et a été co-chercheur principal de l'étude sur les corrélations entre appareils de cuisson et pneumonie (CAPS) – dont les premiers résultats ont été publiés à la Conférence mondiale de L'Union sur la santé respiratoire de 2016 à Liverpool.

« Je suis particulièrement fier de l’étude CAPS », a-t-il déclaré à propos de ce projet de recherche. « Ces essais cliniques contrôlés, menés dans des villages tirés au sort pour tester l’usage de réchauds à biocombustible moins nocifs, ont permis d’apporter des éclairages précieux sur la principale question scientifique qui nous intéressait. Ils ont également surpris nombre d’observateurs en démontrant que cette mesure ne générait pas les bienfaits attendus en matière de pneumonie chez les enfants de moins 5 ans. »

« Cette étude a permis de battre en brèche les idées reçues sur les bienfaits présumés des programmes de promotion de réchauds moins polluants, ouvrant la voie à une réflexion plus large autour d’interventions visant à réduire la pollution de l’air pour que chacun puisse respirer un air pur. »

Le Professeur Mortimer a été présenté à L’Union par son confrère de la LSTM le Professeur Bertie Squire, lui-même ancien Président de L’Union. « Bertie m’a parlé du travail de L’Union et j’ai été interpellé par la vision de cette organisation, qui consiste à proposer des solutions de santé aux populations pauvres. J’ai pensé que je devais en faire partie moi aussi. »

En 2018, le Professeur Mortimer est devenu le Directeur du Département Santé respiratoire de L’Union. Ce nouveau poste a été créé pour renouveler la vision et étoffer l’expertise de l’organisation dans le domaine de la santé respiratoire. L’une des prérogatives majeures du Professeur Mortimer est de travailler en étroite coopération avec la Section Santé respiratoire de l’adulte et de l’enfant.

« Je me félicite que nous ayons pu instaurer une relation de travail étroite entre nos membres », souligne le Professeur. « Ensemble, nous avons établi un plan stratégique quinquennal en matière de santé respiratoire, lequel précise nos objectifs à long terme. Cet aboutissement illustre tout ce qui fait la valeur de notre organisation : grâce à la participation active des membres de L’Union, nous avons convenu d’une stratégie sur laquelle nous pouvons nous appuyer efficacement.

Ce plan prévoit d’améliorer la santé respiratoire, en mettant l’accent sur l’asthme et la BPCO, la pneumonie infantile, les maladies respiratoires consécutives à la tuberculose ainsi que les facteurs de risques environnementaux favorisant les maladies respiratoires. Et le Professeur Mortimer de rappeler combien le bien-être et la santé respiratoire des anciens patients de la tuberculose sont l’un des enjeux majeurs de ce nouveau plan stratégique : « Des avancées prometteuses ont été faites dans le domaine de la tuberculose, mais beaucoup de patients ayant guéri de la TB ne recouvrent pas leur pleine santé et peuvent souffrir de maladies respiratoires, d’une diminution du bien-être, de troubles de santé générale et mentale, ou de problèmes de stigmatisation et de discrimination liés au statut socio-économique. »

« Or, aucun effort réel n’a été fait jusqu’ici pour traiter ces problèmes, – du moins pas en proportion suffisante compte tenu du préjudice subi. »

Mais pour le Professeur Mortimer, la priorité est désormais d’agir : « Il est temps de réaliser les objectifs que nous avons fixés. Nous espérons organiser un symposium international sur les séquelles et les complications liées à la tuberculose en juillet 2019, en partenariat avec l'Université Stellenbosch (Afrique du Sud). »

« Il s'agira du tout premier symposium international consacré à la santé respiratoire et au bien-être suite au traitement de la tuberculose. Nous espérons que les discussions menées lors de ces réunions fourniront des bases de travail en vue d’un symposium sur le même sujet à la Conférence mondiale de l'Union sur la santé respiratoire en Inde. Si elles débouchent sur des résultats probants, ces discussions seront reconduites régulièrement sous une forme ou sous une autre et pourront être intégrées aux conférences mondiales de l'Union. Le symposium devrait se dérouler sur une période de deux jours et demi. Il s’articulera autour d’intervenants et d’ateliers, et l’un de ses objectifs avoués sera de recenser les lacunes en matière de connaissances ainsi que les priorités de recherche pour l'avenir. »

« Les manifestations de ce type résultent de la collaboration entre le Département de la santé respiratoire et les membres de la Section Santé respiratoire de l’adulte et de l’enfant. Sans ce précieux rapprochement, il n’aurait pas été possible d’accomplir autant de choses l’an passé. Lorsque nous travaillons ensemble, nous avons le sentiment d’appartenir à un même mouvement. Un mouvement dont la priorité est de faire progresser les solutions afin d'améliorer la santé des populations pauvres. »

Quant à ses prochains défis en tant que Directeur du Département Santé respiratoire, le Professeur Mortimer a conclu de la sorte : « Il nous reste un long chemin à parcourir pour éradiquer la tuberculose et prévenir, contrôler et soigner les maladies respiratoires. Mais j’ai bon espoir qu’en associant nos compétences, nos réseaux et nos ressources, nous pourrons entrevoir ensemble le bout du tunnel. »

 

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