En Inde, le dépistage communautaire actif aide à diagnostiquer et soigner plus de malades dans les zones tribales difficiles d’accès

En Inde, le dépistage communautaire actif aide à diagnostiquer et soigner plus de malades dans les zones tribales difficiles d’accès

De nombreuses personnes atteintes de tuberculose en Inde ne bénéficient pas des interventions de santé, car ces dernières ne parviennent pas à toucher les communautés situées dans des régions reculées ou affectées par des conflits. Le dépistage communautaire actif consiste à dépister systématiquement, par la pratique du porte-à-porte, les groupes présentant un risque élevé de développer la forme active de la tuberculose – au lieu d’attendre que les personnes se rendent de leur propre chef dans les centres de santé, généralement après que la maladie ait atteint un stade avancé. Il a été prouvé que cette démarche permettait de mieux recenser les personnes tuberculeuses dans ces zones difficiles d’accès, et d’aider les communautés à surmonter les obstacles les empêchant d’accéder aux traitements.  

Dans l’État du Chhattisgarh (Inde), L’Union conduit un programme de dépistage actif auprès des communautés tribales des districts de Narainpur et de Kondagoan. Celles-ci sont touchées par un conflit qui entrave l’accès aux soins de la plupart des populations tribales, lesquelles vivent dans des zones densément boisées. Ce programme est subventionné par l’initiative TB REACH, qui finance des projets déployant des approches et technologies novatrices susceptibles d’augmenter le nombre de personnes tuberculeuses diagnostiquées et soignées dans les régions les plus pauvres de la planète. 

En collaboration avec deux organisations communautaires locales, les équipes de projet de L’Union forment des agents de santé à la prévention, au diagnostic et au traitement de la tuberculose pour leur permettre d’effectuer des interventions de dépistage systématique auprès des communautés. Les bénévoles jouent un rôle précieux en transportant les échantillons d’expectoration jusqu’aux laboratoires de diagnostic et en encourageant les patients à aller au bout de leur traitement.

Depuis son lancement en mars 2019, ce projet a contribué à informer 18 000 ménages tribaux au sujet de la tuberculose et a permis de recenser 1162 cas suspects. Ces derniers ont fait l’objet de tests à l’aide d’appareils Gene-Xpert, et 121 malades ont ainsi pu être diagnostiqués et traités.

Parmi ces malades figurait Agantin, une femme de 45 ans habitant le village d’Ingra, dans le district de Kondagaon. Sa famille appartient à la tribu Gond, qui pratique une agriculture de subsistance. Souffrant de toux depuis plus de deux ans, Agantin était si faible qu’elle ne pouvait pas se tenir debout pendant plus de dix minutes. Lorsque Bharti – une bénévole participant à des opérations de dépistage actif dans le village – a observé les symptômes d’Agantin, elle a prélevé ses expectorations et les a fait analyser au Centre antituberculeux local. Les analyses ont montré que l’organisme d’Agantin hébergeait une souche de tuberculose capable de résister au médicament le plus efficace, la rifampicine. Bharti a aidé Agantin à suivre son traitement en assurant la coordination avec les autorités locales du programme national de lutte contre la tuberculose.

Le traitement contre la tuberculose pharmacorésistante est long, intensif et peut causer des effets secondaires indésirables. Lorsque Bharti a vu qu’Agantin commençait à refuser de prendre ses médicaments sous prétexte qu’ils la faisaient vomir, elle l’a envoyée consulter à l’hôpital du district, lui a expliqué les bienfaits du traitement et l’a aidée à le poursuivre. Agantin suit aujourd’hui un traitement régulier et son état de santé s’est grandement amélioré.

Un projet similaire conduit par l’initiative TB REACH, dont les résultats ont été publiés récemment par l’International Journal of Tuberculosis and Lung Disease de L’Union, témoigne également du succès des interventions de dépistage actif menées auprès des communautés tribales Saharia en Inde. Une augmentation de 52 % des personnes dépistées en laboratoire a été observée, ainsi qu’une hausse de 84 % des cas de tuberculose recensés, assortie d’une légère amélioration du taux de réussite des traitements.

L’Inde est le pays possédant la plus forte prévalence de tuberculose, avec un décès lié à la tuberculose enregistré toutes les deux minutes. Le Premier ministre indien Narendra Modi s’est engagé à éliminer la maladie en Inde d’ici à 2025, soit cinq ans avant la cible fixée à l’échelle mondiale par les Objectifs de développement durable. Pour que l’Inde puisse atteindre cet objectif ambitieux, L’Union plaide en faveur d’une mise en œuvre plus systématique du dépistage actif, approche qui permet de diagnostiquer et de traiter des personnes malades dans les zones reculées, où l’aide fait le plus cruellement défaut.

 

Actualités