Déclaration de L’Union sur la décision de la FDA d’autoriser la vente de l’IQOS aux États-Unis

L’Union exprime sa préoccupation suite à la décision de la Food and Drug Administration (FDA), qui a autorisé cette semaine Philip Morris International (PMI) à commercialiser l’IQOS – un appareil muni d’une batterie qui chauffe le tabac au lieu de le brûler – aux États-Unis.

Cette décision intervient malgré l’inquiétude croissante des organisations de santé publique quant aux conséquences des produits de tabac chauffés sur la santé. Les avantages et les risques potentiels de ces produits pour la santé publique demeurent incertains. Néanmoins, une récente étude indépendante indique que l'industrie du tabac en sous-estime les risques.

De l’avis de L’Union, de telles décisions ne sauraient être prises en l’absence d’études indépendantes plus fournies concernant les impacts sur la santé.

L’un des principaux risques liés à l’autorisation de commercialiser l’IQOS est d’encourager la consommation de tabac chez les jeunes et les non-fumeurs. Il faudrait disposer de bien davantage de données factuelles dans ce domaine avant de pouvoir autoriser la commercialisation de ces produits, et ce afin de protéger les jeunes et les non-fumeurs face au fléau du tabac.

Par ailleurs, cette décision établit un dangereux précédent pour les pouvoirs publics du monde entier, qui font tous l’objet de pressions afin d’autoriser la commercialisation de l’IQOS. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les pays à faible et moyen revenu, où l’industrie du tabac cible déjà les consommateurs de manière agressive et où les mesures de lutte antitabac ne sont pas encore suffisamment efficaces ou bien appliquées pour protéger les jeunes et les non-fumeurs.

Seul point quelque peu positif, aucune décision n’a encore été prise par la FDA concernant une autre demande soumise par PMI, qui souhaiterait pouvoir commercialiser ses produits du tabac à risque modifié (MRPT) comme présentant de moindres risques pour la santé ou une baisse de l’exposition au tabac. Cela signifie que PMI ne peut affirmer explicitement ou implicitement que l’IQOS est moins nocif que la cigarette classique.

La décision de la FDA s’accompagne de restrictions en matière de commercialisation afin de limiter l’accès et l’exposition des jeunes à ces produits. Leur publicité est donc interdite à la télévision et à la radio ainsi qu’en ligne. L’Union s’inquiète du fait que l’application de ces mesures restrictives puisse s’avérer difficile, notamment sur les réseaux sociaux, où les enfants et les jeunes sont particulièrement vulnérables.

L’Union appelle la FDA à surveiller de près la commercialisation et la vente de l’IQOS afin de protéger les enfants et les jeunes. Pour bien mesurer les conséquences de la décision prise par la FDA, il sera indispensable d’évaluer le taux de pénétration de l’IQOS chez les jeunes et les non-fumeurs suite à la commercialisation de cet appareil.

 

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