D’après une récente étude de recherche opérationnelle, le dépistage actif de la tuberculose permet de réduire le coût financier pour les patients

D’après une récente étude de recherche opérationnelle, le dépistage actif de la tuberculose permet de réduire le coût financier pour les patients

D’après une récente étude menée par des chercheurs du Bureau de L’Union Asie du Sud-Est, le dépistage actif de la tuberculose – par opposition au dépistage passif – au sein des populations marginalisées et vulnérables en Inde permet de réduire considérablement les coûts pour les patients pendant la période de diagnostic. On parle de dépistage passif lorsqu’un patient présentant des symptômes de la tuberculose se présente spontanément à un service de santé pour se faire diagnostiquer. Dans le cas du dépistage actif, le système de santé va à la rencontre de la population pour repérer les personnes qui présentent des symptômes de la tuberculose.

Les résultats de l’étude, publiés dans la revue Global Health Action, indiquent que le diagnostic de la tuberculose induit pour les patients d’importants coûts directs (médicaux et non médicaux) et indirects. Il est important de mesurer les coûts liés au diagnostic, car il s’agit de la période la plus incertaine de la maladie. Au total, le coût de la maladie (diagnostic et traitement) équivaut à 39 % du revenu annuel des ménages concernés, la moitié des frais étant engagés pendant la phase de diagnostic. Et le coût total est jugé « catastrophique » pour un ménage dès lors qu’il dépasse 20 % du revenu annuel perçu par ce ménage avant la survenance de la maladie.

Par opposition au dépistage passif, le dépistage actif au sein des populations marginalisées et vulnérables permet de faire baisser le coût total ainsi que la prévalence des coûts catastrophiques liés au diagnostic de la maladie. L’analyse ajustée montre que la prévalence des coûts catastrophiques est inférieure de 32 % chez les patients diagnostiqués grâce au dépistage actif. Néanmoins, la question de l’intensité et de l’iniquité concernant la répartition des coûts catastrophiques n’a pas été prise en compte dans l’analyse des cas de dépistage actif examinés dans l’étude.

Dirigée par le Dr Hemant Deepak Shewade, associé principal de recherche en recherche opérationnelle à L’Union, cette étude s’inscrit dans le cadre d’une série de travaux visant à déterminer si la stratégie de dépistage actif mise en place par L’Union via le projet Axshya (« Libéré de la tuberculose ») s’avère efficace pour réduire i) les retards de diagnostic, ii) les coûts liés au diagnostic et iii) les échecs thérapeutiques. Déployé dans 285 districts de 19 États de l’Inde, le projet Axshya fait appel à des bénévoles formés. En 2016 et 2017, ces bénévoles se sont rendus au domicile de familles vivant dans des zones marginalisées et vulnérables pour les sensibiliser à la tuberculose et repérer d’éventuels symptômes chez ces personnes. Celles présentant des symptômes ont été orientées vers des centres de santé pour subir un diagnostic et recevoir, au besoin, un traitement. Le projet Axshya est financé par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Le Centre de recherche opérationnelle de L’Union a apporté son soutien au projet Axshya pour la conception, la planification et l’exécution de l’étude. Le Dr Hemant Deepak Shewade a en outre bénéficié du programme de bourses mondial pour la recherche opérationnelle du Ministère britannique du développement international (DFID).

L’étude qu’il vient de publier est la première jamais réalisée en Inde pour examiner l’effet du dépistage actif de la tuberculose au sein des populations marginalisées et vulnérables sur les coûts de diagnostic supportés par les patients. La réduction significative des coûts supportés par ces derniers et de la prévalence des coûts catastrophiques constatée dans l’étude va dans le sens de la recommandation énoncée par le Programme national révisé de lutte contre la tuberculose (PNRLT) dans son plan stratégique national d’élimination de la tuberculose 2017-2015, qui préconise de compléter les stratégies de dépistage passif par la mise en œuvre du dépistage actif au sein des populations vulnérables sur les plans clinique, social et professionnel.

Reste néanmoins à traiter le problème de l’iniquité et de l’intensité des coûts catastrophiques, que les patients aient été diagnostiqués par dépistage actif ou passif. L’Inde doit donc œuvrer pour instaurer un système de couverture sanitaire universelle et de protection sociale. La couverture sanitaire universelle devrait permettre de réduire les coûts médicaux directs et la protection sociale de protéger les patients contre les coûts non médicaux directs ainsi que les coûts indirects.

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