D'après un rapport, le financement de la R&D sur la TB serait en légère hausse, même s'il demeure insuffisant

D'après un rapport publié aujourd'hui par le Treatment Action Group, le montant du financement de la recherche-développement dans le domaine de tuberculose a dépassé pour la première fois depuis 2005 le seuil de 700 millions d'US$ en un an, même si ce montant demeure encore largement insuffisant pour atteindre les cibles des Objectifs de développement durable relatives à l'éradication de l'épidémie de tuberculose.

Le rapport, intitulé Tuberculosis Research Funding Trends, 2005-2016, présente les données du financement mondial de la lutte contre la tuberculose entre 2005 et fin 2016. Les données indiquent que le montant des financements accordés à la R&D sur la tuberculose correspond toujours à un tiers du montant nécessaire pour atteindre les objectifs de financement fixés par le Partenariat Halte à la tuberculose. Ainsi, 8,2 milliards d'US$ supplémentaires doivent encore être affectés d'ici 2020.

Toujours selon le rapport, 726,1 millions d'US$ ont été consacrés à la R&D sur la tuberculose en 2016, soit une augmentation de 105,5 millions d'US$ par rapport à l'année précédente.

Pour la cinquième année consécutive, les dépenses du secteur privé pour la R&D sur la tuberculose ont diminué par rapport à l'année précédente, l'industrie pharmaceutique ayant atteint son plus faible niveau d'investissement depuis 2009 (78,5 millions d'US$). L'augmentation du financement pour 2016 provient essentiellement du secteur public.

Le Directeur exécutif de L'Union, José Luis Castro, a déclaré : « Le montant des investissements dans la R&D sur la tuberculose est loin d'atteindre les neuf milliards d'US$ nécessaires pour mettre au point les médicaments, les diagnostics et les vaccins dont nous avons besoin pour mettre fin à l'épidémie. Les ministres de la santé du monde entier se réuniront à Moscou la semaine prochaine pour discuter des stratégies d'élimination de la tuberculose. Ils devraient examiner attentivement ce rapport et annoncer les mesures qu'ils comptent prendre pour combler le déficit de financement de la R&D. »

Grania Brigde, responsable du Prix pour la vie – un mécanisme novateur salué dans le rapport et actuellement développé par L'Union et ses partenaires pour favoriser la R&D d'antituberculeux – a déclaré : « Nous espérons qu'au cours de l’année qui vient les bailleurs de fonds proposeront de nouveaux investissements pour la R&D, notamment pour les mécanismes qui encouragent la collaboration et l'accès à de nouveaux produits, tels que le Prix pour la vie. En investissant à long terme dans la R&D sur la tuberculose, nous pouvons faire en sorte que la tuberculose ne soit plus la maladie infectieuse la plus meurtrière et qu'elle devienne une maladie du passé au même titre que la variole et la poliomyélite. »

Les auteurs du rapport rappellent à tous les acteurs concernés que ne pas accroître les investissements qui font tant défaut à la R&D sur la tuberculose n'est pas une option. Ils soulignent également que le meilleur argument en faveur d'un engagement renouvelé de la part des pouvoirs publics et des autres parties prenantes en faveur de la R&D sur la tuberculose nous vient des témoignages du nombre croissant de rescapés de la tuberculose qui dénoncent les conséquences du ralentissement des progrès scientifiques. Si la communauté internationale ne s'unit pas pour accélérer la recherche et les progrès scientifiques nécessaires pour vaincre cette maladie, nombre de malades continueront à ne pas être détectés et l'épidémie de tuberculose poursuivra son cours.

Pour lire le rapport complet, cliquer ici. 

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