D’après le Rapport 2017 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde, les progrès vers l’élimination de la maladie demeurent trop lents

Le principal message qui ressort du Rapport mondial 2017 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la lutte contre la tuberculose dans le monde publié ce jour (30 octobre) est que davantage d’efforts doivent être consentis pour atteindre les objectifs fixés dans la Stratégie de l’OMS pour l’élimination de la tuberculose et les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies afin d’éradiquer l’épidémie mondiale de tuberculose.

Le rapport fournit une vue d’ensemble de la charge de morbidité élevée et de la lenteur des progrès réalisés dans la lutte contre la tuberculose. 

Suite à la publication du rapport, le Directeur exécutif de L’Union, José Luis Castro, a déclaré :

« Encore une fois, nous entendons dire que les progrès sont trop lents pour mettre fin à la tuberculose. Nous devons penser différemment. L’épidémie de tuberculose est davantage qu’un simple problème médical. C’est aussi une question sociale, politique et économique qui nécessite la mobilisation de différents acteurs si nous voulons éliminer la tuberculose dans le monde. » 

« Nous avons besoin de présidents et de premiers ministres qui mobilisent des ressources pour vaincre cette épidémie. Politiquement, nous devons porter cette question au niveau des chefs d’État. Nous parlons de la propagation d’une maladie transmise par l’air qui devient de plus en plus résistante aux seuls antibiotiques dont nous disposons pour la traiter. Nous ne disposons pour l’heure d’aucune autre solution. Lors de la conférence internationale des ministres de la santé qui se tiendra dans quelques semaines, ces derniers devront indiquer comment ils comptent s’y prendre pour engager les dirigeants de leurs pays dans cette lutte. Le monde ne peut pas se permettre de perdre la bataille contre la tuberculose. » 

« Nous devons repenser de fond en comble notre approche de la recherche-développement dans le domaine des antituberculeux. Le traitement de la tuberculose nécessite un cocktail constitué de multiples antibiotiques. Nous ne pouvons donc pas continuer à tester un seul médicament à la fois. Nous devons tester simultanément de nouveaux schémas thérapeutiques complets employant divers médicaments. Et nous avons besoin d’un nouveau traitement capable de guérir toutes les formes de tuberculose en un mois voire moins. » 

Comme en 2015, on estime qu’environ 10,4 millions de personnes ont contracté la tuberculose en 2016, et la tuberculose demeure la principale cause de décès à travers le monde causés par un seul agent infectieux. Le rapport souligne la menace persistante de la tuberculose pharmacorésistante : en 2016, on recensait 600 000 nouveaux cas de résistance à la rifampicine, le médicament de première ligne le plus efficace dont nous disposons, parmi lesquels 490 000 cas de tuberculose multirésistante, contre 480 000 en 2015. Près de la moitié (47 %) de ces cas ont été enregistrés en Inde, en Chine et en Fédération de Russie. 

Le rapport montre que le taux de mortalité due à la tuberculose baisse d’environ 3 % par an et que l’incidence de la maladie recule chaque année d’environ 2 %, mais que ces chiffres demeurent insuffisants pour atteindre en 2020 les premiers jalons de la stratégie visant à éradiquer la tuberculose. 

Pour la première fois, le rapport examine en profondeur les divers facteurs qui alimentent l’épidémie de tuberculose, en soulignant la nécessité d’adopter une approche plus large qui englobe et permette de réduire les niveaux de pauvreté, d’infection par le VIH, de dénutrition et de tabagisme. Cette approche multisectorielle est au cœur de la stratégie de la conférence ministérielle prévue en novembre à Moscou, dont les résultats alimenteront les débats de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose en 2018, laquelle offrira une occasion historique d’unifier l’action politique contre la tuberculose. 

Parallèlement à la nécessité d’adopter cette approche globale, le rapport souligne que le déficit de financement – de 2,3 milliards d’US$ en 2017 – demeure un obstacle majeur à la lutte contre la tuberculose. Il est urgent d’investir davantage dans la recherche-développement et dans la mise au point de nouveaux diagnostics, médicaments, schémas thérapeutiques et vaccins. Davantage de projets comme Le Prix pour la vie, qui constitue un mécanisme innovant visant à encourager le développement collaboratif de nouveaux traitements, doivent être mis en place de toute urgence pour parvenir aux avancées technologiques qui permettront de progresser vers l’élimination de la tuberculose. 

Le rapport complet peut être téléchargé depuis cette page (PDF 8.2 MB, en anglais)

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