Conférence ministérielle de Moscou : premières mesures adoptés en vue de la réunion de haut niveau de l’ONU sur la TB

Lors de la première conférence ministérielle de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) consacrée à la tuberculose autour du thème « Mettre fin à la tuberculose à l’ère du développement durable », les ministres de la santé du monde entier ont réaffirmé leur engagement à mettre fin à l’épidémie de tuberculose d’ici à 2030.  

À l’issue de la conférence, les ministres ont été signé la Déclaration de Moscou (PDF 430 Ko), par laquelle les pays s’engagent à accélérer la lutte contre la tuberculose et à progresser étape par étape vers la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. La Déclaration de Moscou servira d’appui aux débats de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la tuberculose prévue en 2018. 

Lors de la conférence, L’Union a exhorté les participants à adopter une approche globale au plus haut niveau pour lutter contre la tuberculose et soutenir d’urgence la recherche-développement (R&D) dans le domaine de la tuberculose pour vaincre l’épidémie. 

Le Directeur exécutif de L’Union, José Luis Castro, a déclaré :

« Nous avons besoin de présidents et de premiers ministres qui mobilisent des ressources pour vaincre cette épidémie. Politiquement, nous devons porter cette question au niveau des chefs d’État. »

Le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré :

« L’attention du monde politique est essentielle, mais elle n’est pas suffisante. Les patients réclament de nouvelles solutions thérapeutiques. Nous devons répondre à leur appel. Nous devons investir maintenant dans la recherche-développement. »

Lors de la séance plénière d’ouverture, le Ministre sud-africain de la santé, le Dr Aaron Motsoaledi, a appuyé l’appel à renforcer de toute urgence la R&D sur la tuberculose, indiquant que le Prix pour la vie constitue une solution pour relever ce défi. Il a notamment déclaré : 

« Nous ne pouvons pas continuer à passer à côté des millions de personnes infectées par la tuberculose qui meurent en silence et sans dignité. Nous devons clamer haut et fort que nous n’acceptons plus que, de notre vivant, l’infection tuberculeuse continue de se propager et que des personnes décèdent de la tuberculose. »

« Nous devons mettre au point des modèles de R&D innovants, comme le Prix pour la vie, anciennement connu sous le nom de projet 3P, qui permet de dissocier le coût de la R&D du coût final des médicaments », a-t-il ajouté.

Lors de leurs interventions à la deuxième séance plénière, Mme Ingrid Schoeman, ancienne patiente atteinte de tuberculose multirésistante et membre du Conseil d’administration de L’Union, et Mme Blessi Kumar, membre du Groupe spécial de la société civile sur la tuberculose de l’OMS et de la Coalition mondiale des militants contre la tuberculose, ont présenté le point de vue des anciens patients atteints de tuberculose et de la société civile.

Mme Kumar a déclaré :

« Les choses commencent à bouger. Nous voyons émerger peu à peu des politiques et des directives audacieuses. Nous devons lutter avec courage [...] Il est important d’investir dans les communautés et dans la lutte contre la tuberculose. »

Lors d’une réunion parallèle organisée par L’Union, MSF et le Partenariat Halte à la tuberculose sur le thème « Interventions et stratégies novatrices pour améliorer les résultats du traitement contre la tuberculose pharmacorésistante », le Directeur des politiques et de la stratégie de L’Union, Paul Jensen, a réitéré l’appel lancé par L’Union pour multiplier les approches innovantes en matière de R&D sur la tuberculose. 

« Nous n’avons pas simplement besoin de nouveaux traitements antituberculeux, nous avons besoin de traitements entièrement nouveaux qui fonctionnent pour toutes les formes de tuberculose, notamment pour la tuberculose pharmacorésistante. Et nous devons dissocier le coût de ces traitements du coût de la R&D de manière à rendre les traitements abordables pour tous les patients qui en ont besoin », a-t-il expliqué.

« Nous devons changer le mode de financement de la R&D sur la tuberculose ; c’est précisément ce que fait le Prix pour la vie », a-t-il ajouté. 

Il faut désormais espérer que la dynamique qui a été enclenchée et que les engagements politiques renforcés qui figurent dans la déclaration officiellement adoptée lors de la conférence serviront d’appui à la première réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré :

« Nous mettrons fin à la tuberculose. La déclaration de Moscou constitue une étape importante dans la lutte contre la maladie. Elle témoigne du pouvoir des partenariats. »

« Pour la première fois, nous disposons de l’élément essentiel à la réussite : l’engagement politique pour mettre fin à la tuberculose », a-t-il conclu.

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