Charles Tarovedzera, livreur d’échantillons : un lien vital entre la communauté, le centre médical et le laboratoire

Charles Tarovedzera, livreur d’échantillons : un lien vital entre la communauté, le centre médical et le laboratoire

« Ma plus grande satisfaction dans mon travail c’est d’aider les gens à se soigner avant que leur état ne se dégrade ».

Il y a six ans, Charles Tarovedzera était conducteur de moto pour une société de sécurité. Ce qui l’a décidé à travailler pour L’Union c’est de voir autour de lui des gens souffrir de la tuberculose, avec le sentiment qu’il avait une mission à accomplir pour aider ces personnes. Depuis lors, il travaille comme coursier pour L’Union, à Harare (Zimbabwe), où il achemine des échantillons depuis des centres médicaux vers les laboratoires de deux hôpitaux de la ville.

En 2010, L’Union a établi au Zimbabwe un partenariat avec l’organisation Riders for Health pour se doter d’un service de coursier permettant d’assurer de façon régulière, professionnelle, cohérente, sûre et maîtrisée le transport des échantillons entre les centres médicaux et les laboratoires. Toujours à l’aide de ce service, les résultats sont ensuite acheminés rapidement vers le centre médical de départ, ce qui permet de proposer des traitements suffisamment tôt et ainsi accélérer la prise en charge.

« Transporter les échantillons à moto présente bien des avantages. À moto, on circule plus vite qu’en voiture. À moto, les embouteillages ne sont plus un problème. Cela permet d’acheminer les échantillons en temps voulu », explique Charles.

Les coursiers reçoivent une formation pour apprendre à manipuler et transporter les échantillons. Avant le partenariat avec Riders for Health, nombre d’échantillons étaient endommagés à cause de stockages prolongés ou de la circulation. « Un échantillon doit être récupéré dans les deux heures. Passé ce délai, il peut devenir caduc pour la culture. Sa qualité se voit altérée et il est alors difficile d’obtenir de bons résultats en laboratoire. La question du délai est donc primordiale. Et sans les résultats du laboratoire, le patient ne peut obtenir de traitement », explique Charles.

Charles parcourt chaque jour 90 km, déjouant les nids de poule et la forte circulation. Les échantillons doivent arriver rapidement au laboratoire pour pouvoir être exploités. Ainsi, les coursiers doivent-ils s’assurer de livrer les échantillons à temps, quels que soient les problèmes rencontrés sur la route. « Si nous ne [livrons pas les échantillons à temps], le patient devra de nouveau se rendre au centre médical pour déposer un nouvel échantillon. Mais le cas ne s’est jamais présenté. Si je tombe en panne, j’appelle un collègue pour venir récupérer l’échantillon afin qu’il soit livré à temps au laboratoire avant qu’il ne se dégrade. D’autres coursiers sont toujours disponibles en cas de besoin. Même si tous les coursiers sont occupés, on trouve toujours une solution pour livrer l’échantillon, en voiture ou par tout autre moyen ».

Tous les coursiers reçoivent une formation complète pour apprendre à conduire leur moto en toute sécurité et effectuer des réparations de base sur leur véhicule. Ils bénéficient de l’aide nécessaire pour entretenir leur moto afin d’optimiser la fiabilité du service d’acheminement.

Les coursiers transportent plus de 15 000 échantillons par mois. Il peut s’agir d’échantillons d’expectoration pour le diagnostic de la tuberculose, d’échantillons de sang pour le dépistage du VIH ou d’autres types d’échantillons.

« Nous jouons un rôle essentiel », explique Charles. « Quand une personne est atteinte de tuberculose, elle a besoin de recevoir des soins dans l’établissement approprié le plus proche de chez elle. Avant, les gens devaient parcourir de longues distances pour se rendre au laboratoire et obtenir leurs résultats. Mais aujourd’hui, c’est beaucoup plus simple car ils ont juste besoin d’amener leur échantillon au centre de santé le plus proche de chez eux. Ensuite, ce sont les coursiers qui prennent le relai en livrant l’échantillon au laboratoire. Ainsi, la personne peut se rendre à la clinique en sachant que son échantillon sera acheminé à moto vers le laboratoire. Puis, après deux ou trois jours, elle reçoit ses résultats ».

Pour Charles, sa mission va au-delà du simple transport des échantillons. « Nous sommes plus que des coursiers. Nous encourageons les gens à aller se faire soigner contre la tuberculose. Nous sommes comme des éducateurs au service de notre communauté ».

« Si je vois une personne tousser en permanence, je vais l’inciter à déposer un échantillon d’expectoration dans un centre médical pour que je puisse ensuite le récupérer et l’emmener dans un laboratoire. Comme ça, elle saura si elle a la tuberculose ou non. Et si le diagnostic est positif, elle pourra se faire soigner ».


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