Bangladesh : une conférence nationale appelle à une plus grande application des principales mesures de lutte antitabac de la stratégie MPOWER

Une conférence de haut niveau organisée à Dhaka a mis en évidence le besoin urgent de réduire le tabagisme dans le pays. Les statistiques sont alarmantes : 59 % des décès prématurés au Bangladesh sont imputables aux maladies non transmissibles, dont 40 % au tabagisme. L’appel à l’action lancé à l’issue de la conférence est sans équivoque : pour réduire d’un tiers les maladies non transmissibles à l’horizon 2030 et atteindre l’Objectif de développement durable 3, la mise en place de politiques de lutte antitabac doit devenir dès aujourd’hui une priorité.

La conférence, soutenue par L’Union, a mis l’accent sur la stratégie MPOWER de l’Organisation mondiale de la Santé, une série de mesures fondées sur des données probantes visant à réduire le tabagisme. Parmi les orateurs figuraient le whip du Parlement bangladais et député Mohammad Shahab Uddin, la militante et députée Fazilatunnessa Bappy et le Président de la Fondation bangladaise de cardiologie, le Dr Abdul Malik.

La conférence s’est déroulée le 16 mai au centre Krishibid Institution of Bangladesh, en présence de plus de 200 participants, notamment des responsables politiques, des représentants de la société civile, des universitaires et des journalistes. L’objectif était de faire le point sur les politiques prioritaires et les progrès réalisés à travers le pays en matière de lutte antitabac.

« Le tabagisme constitue une menace pour le développement. Son coût pour le peuple bangladais est à la fois tragique et insoutenable. Le tabagisme tue chaque année quelque 100 000 personnes et nuit à la santé et au bien-être économique des personnes, des familles et des communautés », a déclaré le conseiller technique de L’Union pour la lutte antitabac au Bangladesh, Syed Mahbubul Alam. « Le meilleur moyen pour réduire le tabagisme est d’assurer la mise en œuvre complète des principales politiques de lutte antitabac énoncées dans la stratégie MPOWER. Cette conférence nous rappelle la nécessité urgente d’agir contre le tabagisme et est aussi l’occasion de faire le point sur les mesures qui permettent de lutter efficacement contre ce fléau ».

Plusieurs sujets ont été abordés : l’augmentation des taxes sur le tabac, les tactiques employées par l’industrie du tabac pour entraver les politiques de protection de la santé et l’application de l’article 5.3 de la CCLAT de l’OMS, l’interdiction de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage, les lois antitabac exhaustives, la culture du tabac, les mises en garde sanitaires graphiques sur les emballages des produits du tabac et le rôle essentiel de la lutte antitabac pour atteindre l’Objectif de développement durable 3.

« L’augmentation des taxes sur le tabac constitue l’outil le plus efficace pour réduire le tabagisme. Il n’est possible d’instaurer et d’appliquer une politique fiscale efficace sur le tabac que si les ministères des finances et de la santé se fixent pour objectif commun d’agir de manière résolue contre le tabagisme », a déclaré M. Alam. « Le tabagisme tue 7,2 millions de personnes chaque année à travers le monde. Par ailleurs, son coût annuel pour l’économie mondiale dépasse 1 000 milliards d’US$. Le tabagisme n’est pas uniquement un problème sanitaire, c’est aussi un problème d’ordre économique qui a des répercussions sur le développement ».

La conférence a été convoquée par plusieurs entités du secteur de la santé publique : le service de lutte contre les maladies non transmissibles de la Direction générale des services de santé, la cellule nationale de lutte antitabac, l’unité d’économie de la santé du Ministère de la santé et de la famille, l’Alliance bangladaise de lutte antitabac et l’ONG Work for a Better Bangladesh. La rencontre a reçu le soutien de L’Union, dans le cadre de l’Initiative Bloomberg pour la réduction du tabagisme.

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