« Au Myanmar, L’Union propose ses services à des dizaines de milliers de patients dont la vie dépend précisément de ces services. Nous avons une grande responsabilité vis-à-vis d’eux. » Nick Southern dirige le Bureau de L’Union Myanmar

« Au Myanmar, L’Union propose ses services à des dizaines de milliers de patients dont la vie dépend précisément de ces services. Nous avons une grande responsabilité vis-à-vis d’eux. » Nick Southern dirige le Bureau de L’Union Myanmar

Nick Southern dirige le Bureau de L’Union Myanmar depuis janvier 2016. Originaire de Manchester (Royaume-Uni), il a travaillé pendant 30 ans dans le domaine du développement international en différents endroits du globe pour des organisations comme Oxfam, Save the Children UK, Save the Children International, CARE USA et CARE International.

« Bien que Manchester soit une ville magnifique, j’ai toujours su que je voulais travailler en dehors du Royaume-Uni », explique-t-il. « Au début de ma carrière, j’ai essentiellement travaillé sur la question de l’approvisionnement en eau potable et l’action humanitaire dans le domaine de la santé publique dans les situations d’urgence résultant de catastrophes naturelles ou dues à l’homme. Puis, peu à peu, je me suis orienté vers le développement socio-économique à plus long terme », précise-t-il.

Aujourd’hui basé à Mandalay, il dirige le bureau de L’Union, dont les effectifs ont été doublés depuis son arrivée, passant de 200 à 400. Le personnel est déployé dans cinq régions et États du Myanmar, couvrant ainsi près de 12 % des districts et 15 % des 55 millions d’habitants que compte le pays. L’ampleur des besoins au Myanmar nécessite la mise en place d’une équipe dévouée et en constante évolution, dans un pays qui était il y a encore peu entièrement coupé du monde.

« L’équipe comprend sept cadres supérieurs multidisciplinaires qui gèrent l’ensemble des activités. Mon travail consiste à orienter l’action du bureau – exigeante sur le plan technique et ardue d’un point de vue logistique – dans le contexte d’isolement international que connaît le pays. Nous formons une équipe soudée et je suis ravi de travailler avec des personnes qui ne se contentent pas simplement de "faire leur travail". Il règne entre nous une grande confiance. Leur dévouement et leur sens de l’initiative apportent une forte valeur ajoutée à nos activités ainsi qu’une nouvelle dimension au rôle et aux responsabilités qui incombent aux personnes dont la mission est de proposer des services de santé essentiels de qualité », explique M. Southern.

Sur l’ensemble des pays où L’Union est présente, le Myanmar figure parmi ceux où les besoins sont les plus forts. D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Myanmar est l’un des 20 pays au monde les plus touchés par la tuberculose. De plus, la co-infection TB-VIH y est importante et l’incidence de tuberculose multirésistante élevée. Cette situation place le Myanmar dans le groupe des 15 pays à la fois touchés par la tuberculose, le VIH et la tuberculose multirésistante*. Paradoxalement, le Myanmar figure parmi les pays qui consacrent la plus faible part de leur PIB aux soins de santé : à peine 2 % actuellement.

« L’un des principes clés sur lequel L’Union fonde son action consiste à nouer des contacts avec les communautés locales et à mettre en relation le Ministère de la santé et des sports avec l’ensemble de la société par le biais d’un réseau de plus de 3 000 bénévoles qui travaillent dans le domaine de la tuberculose et du VIH, créant ainsi une passerelle entre la population et le système gouvernemental central. Dans le cas du Myanmar, cela a permis d’améliorer considérablement la prestation de services de santé aux personnes pauvres et mal desservies », souligne M. Southern.

Cette approche et d’autres techniques adoptées par L’Union ont permis jusqu’à présent de proposer une thérapie antirétrovirale à 47 000 personnes, d’orienter vers des centres de santé 13 000 personnes présentant des symptômes de la tuberculose et d’apporter un soutien à 350 patients traités pour une tuberculose pharmacorésistante.

Du fait de son isolement pendant près de 50 ans, le Myanmar manque d’infrastructures de base et de ressources humaines formées et qualifiées dans presque tous les domaines. M. Southern explique que L’Union a ainsi dû assumer un rôle plus opérationnel et pratique dans ce pays et que le personnel du bureau continue de s’enrichir chaque jour de cette expérience.

Ces quatre dernières années, le Myanmar s’est considérablement ouvert sur le monde. Les services de communication commencent à devenir accessibles et abordables pour une majorité de la population, même si l’accès à l’électricité reste encore limité sur la plupart du territoire.

« Le système bancaire demeure isolé du système international et le pays continue de fonctionner avec des espèces en dollars des États-Unis échangés contre la monnaie locale, le kyat. Seuls les billets de dollars neufs peuvent être échangés. Pour surmonter ce problème de change, L’Union continue d’utiliser un compte libellé en dollars », explique M. Southern.

Les difficultés rencontrées vont au-delà des simples problèmes pratiques quotidiens liés au fonctionnement d’une entreprise et au déploiement des services. La situation politique complexe implique également de mener des négociations minutieuses et une réflexion approfondie.

« Le Myanmar est un pays complexe et diversifié qui renferme plus de 130 groupes ethniques, dont l’histoire est parsemée de conflits. Au-delà de l’instabilité politique, le principal problème est que L’Union propose ses services à des dizaines de milliers de patients à travers le pays dont la vie dépend précisément de ces services. Nous avons une grande responsabilité vis-à-vis d’eux », souligne M. Southern.

À l’avenir, L’Union devra continuer de baser son action sur des modèles de développement durables, efficaces et efficients. « À long terme, le pays a besoin de renforcer considérablement l’ensemble de son système de santé, à savoir transformer son modèle opérationnel et son organisation. En octobre 2017, j’avais indiqué que L’Union avait organisé son premier programme de formation sur le renforcement du système de santé », se souvient-il.

« J’ai eu le privilège de travailler dans différents contextes difficiles et environnements culturels à travers le monde, mais mes racines se sont la classe ouvrière de Manchester. Ma grand-mère est décédée de la tuberculose avant ma naissance, ou plutôt de consomption, comme on disait à l’époque. Au fil de ma carrière, j’ai travaillé aux quatre coins du monde auprès de personnes défavorisées et marginalisées. J’ai ainsi pris conscience du fléau que représente la tuberculose et de sa formidable expansion depuis le début de l’épidémie mondiale de VIH dans les années 1980 », confie-t-il.

« Je considère l’accès aux soins comme un droit fondamental et je partage pleinement l’engagement de L’Union de trouver des solutions de santé pour les populations qui n’y ont pas accès partout à travers le monde. Pour le professionnel de la santé publique que je suis, la devise de L’Union "Savoir, Partager, Agir" constitue un puissant appel à l’action et je constate tous les jours son application », conclut M. Southern. 

*Source : rapport 2017 de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose dans le monde (en anglais), http://bit.ly/2z70oWg.

 

 

 

 

Actualités